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Finistère (29)
Station Inra de Ploudaniel / L’arche de la pomme de terre
 

Concentration et application dans une serre de l’Inra de Ploudaniel cet après-midi de fin juin. Pince à épiler manipulée avec dextérité, François Monot sectionne les étamines des boutons floraux de plants de pomme de terre. « Dans 48 heures, ces fleurs castrées seront fécondées artificiellement avec des grains de pollen récoltés sur d’autres plants. Puis, elles seront ensachées pour éviter d’autres fécondations croisées indésirables », explique-t-il.


1 000 croisements par an


Chaque année quelque 200 génotypes différents sont mis en culture dans les serres de Ploudaniel. Ces plantes sont soigneusement choisies dans la vaste collection de génotypes conservés in vitro dans des éprouvettes maintenues à une température de 8 °C ou in situ sous forme de tubercules obtenus dans des pots (espèces apparentées sauvages) ou au champ.
Ces génotypes servent de matériel génétique pour réaliser 900 à 1 000 croisements annuels destinés à produire du matériel pour les besoins de la recherche mais aussi ce que l’on appelle des géniteurs, spécialement conçus pour les organismes chargés de création variétale. Avec cet espoir qu’une nouvelle combinaison de ces géniteurs aboutira à la perle rare qui fera date dans l’histoire de la pomme de terre, comme les respectables Bintje, Belle de Fontenay, etc.
« Nous ne créons plus de variétés sur le site depuis 1992. La dernière en date est la variété Safrane », précise Jean-Eric Chauvin, directeur de la station, soulignant que Ploudaniel est « LA station française de la pomme de terre ». Une station qui assure la préservation des ressources génétiques nationales (et étrangères) et conduit des études sur les déterminants génétiques des résistances aux principaux pathogènes (mildiou, nématodes, virus). Avec cette mission supplémentaire qu’est l’expérimentation du comportement au champ des nouvelles variétés en conditions océaniques.


Géniteurs résistants aux parasites


Aujourd’hui, la station Inra de Ploudaniel dispose d’une collection de 10 000 génotypes différents qui constituent la ressource génétique pour créer ces fameux géniteurs, sorte de pré-parents aux futures variétés de pommes de terre. « Nous possédons aussi 32 espèces apparentées à la pomme de terre sur les 250 recensées dans le monde », comptabilise J.-E. Chauvin.
Gérer une telle ressource nécessite une rigueur de scientifique. « Nous disposons d’un référencement bien codé », en convient Jean-Paul Dantec, technicien, qui n’en a pas moins un lien affectif avec « ses » pommes de terre. « Je les connais », avoue celui qui est capable de vous dénicher sans étiquette le génotype résistant au mildiou, cet autre qui ne craint pas les nématodes, etc. Et de conclure : « Actuellement, nous travaillons beaucoup à la création de géniteurs résistants aux parasites ». Preuve s’il en est que l’Inra n’a pas attendu le Grenelle de l’environnement pour se préoccuper de la réduction des doses de produits phytosanitaires.

Didier Le Du


Photo : Jean-Paul Dantec, technicien à l’Inra depuis une trentaine d’années, entretient un lien affectif avec « ses » pommes de terre qu’il connaît sur le bout des doigts.

 







Fête de la Pomme de Terre, à Plouédern

L’Inra de Ploudaniel est partenaire, aux côtés de Bretagne Plants, de la fête de la pomme de terre et de l’élevage qui se déroulera à Plouédern, les samedi 24 et dimanche 25 juillet.
Pour cette deuxième édition, les organisateurs ont prévu un ensemble d’animations à remonter le temps autour de la pomme de terre : arrachage à l’ancienne, ramassage à la main, récolte mécanique en Pallox. Et bien sûr : dégustation de pomme de terre (au lard) prévue le dimanche à partir de midi.









Au moins 6 ans pour créer un géniteur


La fécondation artificielle de la fleur castrée donne naissance à une baie sphérique contenant de nombreuses petites graines triangulaires.
« Nous semons 250 graines issues de chaque croisement. 96 à 120 plants issus de cette germination sont repiqués en godets placés sous serre », explique Jean-Paul Dantec. Et de préciser : « Commence alors la première sélection sur les critères retenus. Par exemple : la résistance au mildiou ».
Fin d’été, les agents de la station récoltent un tubercule par godet. Le printemps suivant, ces derniers sont plantés tous les 64 cm en plein champ. « Quatre tubercules sont alors récoltés par plant », poursuit J.P. Dantec. Qui ajoute : « Au bout de 6 ans, vous obtenez 28 plants par individu semé ». Ce sont les tubercules des meilleurs génotypes pour le critère retenu qui sont ensuite distribués aux obtenteurs de l’ACVNPT (Association des créateurs de Variétés Nouvelles de Pomme de Terre) pour une utilisation dans les schémas de  création variétale.



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Juillet 2010
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