
Moins de 15 euros aux mille litres de lait. C'est le coût de revient (toutes charges comprises) de la désileuse automotrice achetée par la Cuma Kolza, créée par 5 adhérents, pour l'occasion, en 2008. « Seuls, nous n'aurions pas investi dans un tel matériel », assure Yann Guillemot, l'un des cinq éleveurs laitiers adhérents. 112 000 euros tout de même, à l'achat. « Au départ, nous souhaitions embaucher un salarié pour effectuer la tournée de distribution. Nous n'avons pas trouvé la personne recherchée ». Les cinq éleveurs se relaient donc pour nourrir les vaches des cinq troupeaux qui produisent, au total, 2,3 millions de litres. 25 kilomètres de tournée. Le temps passé sur la route est aussi important que le temps de distribution. « Il faut compter trois heures par jour ». Trois éleveurs assurent les quatre premiers jours de la semaine. Les deux autres se partagent les vendredi et samedi. Le dimanche, c'est repos, pour la désileuse. « Je fais quatre matinées de rang. Mon tour revient donc toutes les trois semaines ».
Avantages zootechniques
Dans les élevages, un simple tableau renseigne le chauffeur sur la ration à distribuer. « Tout est prêt, dans chaque exploitation. Les ingrédients (maïs, foin, ensilages, concentrés, minéraux...) sont pesés dans la mélangeuse. Le chauffeur laisse un ticket en partant ». L'éleveur chauffeur est rémunéré pour le travail effectué, à hauteur de 15 euros par heure, pour compenser les différences éventuelles de nombre de tournées. La facturation (prestation de la distributrice) est réalisée en fonction du quota. Les élevages sont proches en terme de niveau de production. Après une bonne année de fonctionnement, les adhérents sont satisfaits du principe. « Nous avons l'assurance que le travail sera fait même en cas d'accident ou d'arrêt maladie. Les semaines où je ne conduit pas, le temps libre est relativement important ». Yann Guillemot insiste aussi sur les avantages zootechniques, principale motivation de départ. « Nous avons tous les avantages d'une ration complète, à un coût raisonnable ». L'ancienne désileuse pailleuse ne sert plus qu'à pailler.
Au rayon des inconvénients, l'éleveur cite les contraintes de circulation. Un ou deux adhérents supplémentaires ne seraient pas de trop, afin de sécuriser le système. Ces adhésions permettraient, en outre, d'embaucher un conducteur à plein temps. La nécessité d'élaborer un règlement intérieur respecté par tous les adhérents, il connaît. Les époux Guillemot adhèrent également à la Cuma intégrale Styren ar Vro, depuis plusieurs années, et délèguent la grande majorité des travaux. « Je fais simplement les semis de maïs avec un semoir en copropriété, les traitements et les fauches avec du matériel de la Cuma ». Les épandages de lisier sont réalisés avec du matériel en inter Cuma. « En propriété, nous n'avons qu'un tracteur, une pailleuse et un épandeur d'engrais ». Les époux Guillemot vendent quelques animaux en direct. Ils souhaiteraient augmenter l'activité, en réalisant notamment la découpe dans un atelier de transformation mobile. S'ils arrivent à créer une Cuma pour acheter et utiliser ce matériel, à plusieurs...
Bernard Laurent
Photo :Une porte ouverte était organisée par la Chambre d'agriculture, mercredi 30 juin, chez Yann et Anne Guillemot (à gauche et au centre), à Cléguer
81 Cuma désileuses dans l'Ouest, dont 5 en Morbihan
Les Cumas désileuses sont variées: de plus de 1,5 à plus de 6 millions de litres de lait par Cuma. Les exploitations adhérentes (4 à 16 par Cuma) ont de 150 000 litres à un million de litres de quota. La longueur des tournées, pour une machine, varie entre 15 et 50 kilomètres. Elles se déroulent généralement entre 7 et 12 heures. En moyenne, on compte 100 000 litres par kilomètre de tournée. 90% de ces Cuma ont un salarié pour conduire la désileuse automotrice.