
La Chambre pilote des outils de vulgarisation de techniques alternatives de désherbage. Ainsi en 2010, elle a initié 4 plateformes d’essais de désherbage et suivi plusieurs dizaines d’hectares chez des agriculteurs sur les bassins versants. Ceci en relation avec différents partenaires des BV concernés. « Le plan Écophytos 2018, déclinant du Grenelle de l’environnement, nous oblige à rechercher des solutions », explique Cécile Nicolas, membre de la Chambre d’agriculture. Elle ajoute : « nous devons proposer des solutions simples et qui marchent, tout en préservant le potentiel des cultures et le revenu ».
Cinq stratégies à l’essai
Olivier Allain, président de la Chambre, rappelle que le maïs est une plante très productive. « Elle peut être cultivée en limitant au maximum les atteintes à l’environnement. C’est-à-dire sortir moins le pulvérisateur, utiliser les produits les moins polluants et garder la performance ».
Cinq essais ont été conduits sur une parcelle appartenant à Gérard Hamon à Pleslin-Trigavou, sur le BV du Frémur.
Cinq stratégies :
• Un désherbage chimique seul en réduction de doses (calisto 0,3 litre, milagro 0,3 litre, Peak : 6 g/ha) ;
• Un désherbage par houe rotative (décrotteuse) en post-levée, efficace sur herbe au stade filaments et un désherbage chimique à dose réduite (calisto 0,2 litre, milagro 0,2 litre, Peak : 4 g/ha) ;
• un désherbinage (mécanique dans l’entre rangs et chimique toujours à dose réduite sur le rang) et un binage de rattrapage au stade 10 feuilles ;
• un passage de herse étrille en pré levée (une semaine après le semis) pour détruire les adventices au stade filaments et un désherbage chimique en réduction de doses ;
• Un désherbage chimique en réduction de dose et un binage.
Le constat sur les différentes parcelles montre que les résultats sont bons et relativement homogènes. Excepté la parcelle en désherbage chimique seul où le liseron est resté présent.
Plus réactif
Pour l’agriculteur Gérard Hamon, les résultats ne font que confirmer les pratiques qu’il avait déjà expérimentées : le désherbage mécanique et la réduction de doses. Il a du recul depuis une douzaine d’années. Et ce n’est pas le coût qui le fera faire marche arrière. « Un passage en réduction de doses, cela coûte environ 30 euros de produits, et un passage de bineuse entre 30 et 35 euros. Un second passage chimique coûte donc au moins aussi cher dès lors que l’on intègre le matériel et le temps passé ».
Il reconnaît cependant que les techniques alternatives, réductions de doses, mécaniques, ont aussi leurs contraintes. « Les fenêtres d’actions sont étroites pour le désherbage mécanique avec une herse étrille ou une houe rotative, si on veut de l’efficacité et ne pas porter atteinte à la culture. On joue sur la profondeur de semis : + 1cm ». Quant au désherbage chimique en réduction de doses, il faut aussi travailler dans des conditions optimales d’hygrométrie et de vent. « Tard le soir ou tôt le matin ». Pas toujours évident.
La conclusion qui s’impose : « Les techniques de désherbage alternatif, en mécanique ou en combinant mécanique et réductions des doses, cela marche. Mais il faut acquérir les bonnes stratégies, sans doute les adapter au contexte local, aux conditions météorologiques, être plus réactif ».
Pierre Dénès
Photo : Sur la plateforme d’essais, Gérard Hamon, agriculteur à Pleslin-Trigavou, Olivier Allain, président de la Chambre, Cécile Nicolas, membre de la Chambre, David Bouvier, animateur sur le Bassin versant.
Les Côtes d’Amor, champion breton des MAE
Moins de produits phytosanitaires. Le Grenelle de l’environnement a fixé des objectifs ambitieux. La profession agricole s’y prépare et de nombreux agriculteurs s’y sont déjà engagés. C’est le cas notamment sur les bassins versants. « Le département est leader breton pour les MAE contractualisées », explique Yves Le Troquer, du service environnement de la Chambre d’agriculture. Les chiffres : 1100 exploitations engagées pour 41 000 ha en 3 ans (2008/2010). 25 000 ha sont engagés dans des MAE territoriales des BV, dont les 2/3 sur des mesures de réduction de phytosanitaires (400 agriculteurs), et 16 000 ha sur des MAE régionales (Bio et système fourrager économie en intrants).