
Après le désengagement total de l'Etat, la privatisation du SPE (service public d'équarissage) a constitué un challenge important pour la filière", souligne Patrick Bouron, président de l'organisation. "Deux ans après la mise en place d'ATM avicole, le bilan est positif, même s'il a fallu surmonter quelques obstacles, dans la prise en charge de la collecte des animaux trouvés morts". En volaille, le relais du SPE a été pris par ATM avicole, créée par les différentes organisations, le financement est assuré par les maillons de la filière.
10 % du coût pour les éleveurs
"En volaille de chair, le maillon élevage prend en charge 10 % du coût, le maillon abattage 90 %", explique Gilles Le Pottier, secrétaire général. "Pour la volaille repro, les maillons accouvage et multiplication financent 100 % des frais d'équarissage imputables à leurs activités". Les déchets d'abattage ne sont pas couverts par ATM.
Ce dispositif est mutualisé au plan national, avec une contribution unique sur le territoire. "La prise en charge des frais de collecte et de traitement des animaux trouvés morts entraîne un gros travail de gestion de fichiers, tant dans les adresses d'éleveurs que dans la gestion au quotidien des enlèvements", précise Gilles Le Pottier. Chaque année, les 13 000 éleveurs adhérents génèrent plus de 100 000 enlèvements.
Une banque de données
Près de 90 % de la production française organisée de volailles de chair est concernée ainsi qu'une bonne partie des éleveurs en circuits courts. Un contrat de 2 ans a été signé avec 3 sociétés françaises d'équarissage. La société Sifdda (groupe Saria) collecte les élevages du grand Ouest de la France.
"Grâce à la banque de données qui se constitue progressivement, ATM avicole peut fournir un certain nombre de paramètres sur la collecte des cadavres : la situation géographique, les quantités ramassées à chaque passage par espèce, les poids moyens par enlèvement…", souligne Philippe Guillet, trésorier d'ATM. Des données qui vont servir à optimiser les frais de collecte dans les régions. "Nous connaissons également l'incidence des sinistres (enlèvements supérieurs à 5 t.), qui sont caractérisés par nature (étouffement, maladie, incendie…)".
Il reste à poursuivre dans la voie tracée tout en recherchant les axes d'amélioration. Ainsi, les poids collectés pourront être plus précis avec la pesée embarquée sur camions. Les équarisseurs ont également entrepris des efforts pour valoriser les sous-produits d'élevage sous forme d'engrais.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite : Philippe Guillet, trésorier d'ATM avicole et Gilles Le Pottier, secrétaire général
224 kg par enlèvement
En 2009, la collecte a porté sur 23 500 t dont 48 % de cadavres de poulet (11 % de label), 40 % de dinde et 9 % de canard. La collecte bretonne a porté sur 15 629 t. de cadavres de volailles (10 à 11 % de la collecte totale de cadavres, toutes espèces confondues). On observe une disparité dans les volumes moyens de chaque enlèvement, lié à la taille des élevages : 224 kg en moyenne en Bretagne contre 90 kg en Rhônes-Alpes. Les gros sinistres (plus de 5 t par enlèvement) représentent 7 % de la collecte.
Les équarisseurs assurent la réception des demandes du lundi au vendredi, à l'exception des jours fériés, au minimum entre 8 h et 18 h. Il leur est demandé d'optimiser le délai entre la demande et l'enlèvement des cadavres et d'avertir l'éleveur de l'heure estimée de passage du camion. Les cadavres de volailles doivent être enlevés dans un délai de 2 jours francs après réception de l'appel. L'aviculteur estime le poids de volailles à collecter et le mentionne sur le bordereau.