L'alimentation reste le poste de coût le plus important, en volailles. L'aliment doit permettre de valoriser au mieux le potentiel génétique, tout en assurant la bonne santé des animaux. L'accent est de plus en plus mis sur les micronutriments et les additifs. DSM, fournisseur mondial de vitamines et d'additifs pour l'alimentation animale, met en avant de nouveaux produits.
Enzymes digestives
"La suppression des antibiotiques dans l'alimentation des volailles a entraîné une baisse de 3 % du poids vif et une augmentation de 1 à 4 % de l'indice de consommation," explique le Dr Jan Van Der Klis, de l'Université de Schothorst (Pays Bas). Il a chiffré que le coût des désordres intestinaux aurait entraîné une baisse de 6 % des revenus.
Dans son laboratoire, des animaux ont été contaminés volontairement par des germes de clostridium. Ceux-ci passent rapidement la barrière intestinale et l'essai a constaté une réduction de croissance de 65 % ainsi qu'une perte de poids vif de 200 g à 35 jours. "L'apport d'un additif comme Crina Poultry Plus stimule la production d'enzymes digestives (lipases, amylases, trypsine) tout en ayant une activité anti-microbien. L'indice de consommation s'est amélioré de 0,03 point entre 0 à 42 jours", souligne le chercheur.
Nouvelle génération de phytase
"Nous sommes dans un contexte d'augmentation de la demande mondiale en protéine animale avec des exigences de qualité et la volonté de diminuer l'impact environnemental des productions", constate Catherine Hamelin, de DSM. Face à cet enjeu, les phytases et les protéases ont des atouts.
La troisième génération de phytase apporte plus d'efficacité et de stabilité à la chaleur. L'augmentation du prix du phosphore, essentiel à la croissance, a poussé les nutritionnistes à utiliser des phytases pour améliorer la disponibilité de ce minéral dans les plantes et réduire ainsi l'ajout de phosphore inorganique dans les rations alimentaires. Cela permet aussi de réduire l'excrétion phosphorée dans l'environnement.
Un phosphore plus disponible
Le phosphore phytique, (60 à 80 % du phosphore dans les plantes), n'est pas utilisable par les monogastriques, car ils ne possèdent pas le matériel enzymatique nécessaire. Ce phosphore phytique peut être libéré en présence de phytase, rendant ainsi le phosphore disponible pour la croissance et la minéralisation osseuse. L'utilisation de phytase permet donc de diminuer l'apport de phosphore minéral et son coût dans l'aliment. Les rejets de phosphore dans les sols sont également limités.
Plusieurs phytases ont été développées ces dernières années, par DSM. "Ronozyme NP a été sélectionnée car elle permet de libérer plus de nutriments", poursuit Catherine Hamelin. Elle est plus stable aux pH acides et aux protéases du tube digestif. Elle est préconisée à 200 g/t en volaille de chair, dans le contexte actuel du prix du phosphore.
Première protéase en Europe
Un deuxième axe consiste à maximiser l'utilisation des protéines. "Une première protéase a été agréée dans l'Union européenne pour une incorporation dans les aliments pour poulets", déclare C. Hamelin. Cette enzyme innovante (Ronozyme Pro Act) a été mise en place sur les marchés brésiliens puis lancée en Amérique latine, en Asie et enfin en Europe.
"Nous avons réalisé des essais au Brésil montrant que la réduction de 3 à 6 % des protéines brutes et l'ajout de protéase a permis d'améliorer le GMQ des poulets", précise Sergio Vieria, de l'Université Rio Grande do Sul. "L'intérêt de la protéase est de réaliser des économies en formulation, grâce à une augmentation significative de la digestibilité des protéines. Elle permet de réduire en moyenne le coût alimentaire de 5 %, en optimisant l'utilisation de la protéine et en améliorant la valeur nutritionnelle des aliments". Elle complète l'activité de la pepsine et des protéases pancréatiques. Dans le même temps, elle réduit le niveau d'azote excrété par les poulets, diminuant ainsi l'impact environnemental de la production avicole.
Patrick Bégos
Alimentation et qualité de la viande
La progression des produits élaborés entraîne de nouvelles exigences de qualité, de la part des industriels. "La qualité technologique, l'aptitude de la viande à être conservée et transformée, son pouvoir de rétention en eau, sa couleur et sa texture sont des critères qui dépendent de la chute du pH post-mortem", souligne Vérane Guigaud, de l'Itavi de Nouzilly. Peu d'études ont mesuré l'impact de la nutrition sur la qualité technologique. Des recherches sont en cours, pour cerner notamment les intéractions entre la génétique et les systèmes d'élevage. "Notre objectif est de comprendre les mécanismes qui contrôlent la qualité de la viande et le stock en glycogène".