
Les nombreuses conversions en bio de troupeaux bovins, notamment laitiers, vont engendrer une hausse des tonnages commercialisés issus de Bretagne", alertent les responsables de BVB (Bretagne Viande Bio). Si elle comporte son lot d'inquiétudes par rapport au marché, cette tendance les réjouit toutefois. "Cela va nous permettre de répondre à des besoins qui n'étaient pas fournis du fait de volumes insuffisants. Et c'est une reconnaissance de notre travail", explique Daniel Bronsard, président de BVB.
Mais pour ne pas déstabiliser la filière, l'anticipation et l'organisation sont encore plus justifiées aujourd'hui. "Jusqu'à présent, le territoire breton était suffisant pour écouler notre production, il n'en sera pas de même demain". D'où la réflexion mûrie depuis deux ans par le conseil d'administration de BVB, aboutissant aujourd'hui à la création du "Pôle bio breton".
Un partenariat plus actif s'est engagé avec Unebio, qui réunit au niveau national les structures régionales bio. "Les bovins des adhérents de BVB vont passer par Unebio avant d'arriver chez différents transformateurs français, y compris notre partenaire historique Montfort-Viandes (Le Faouët – 56)", explique René Le Courtois, co-président de BVB et vice-président d'Unebio, en précisant que ces deux structures sont gérées uniquement par des éleveurs. "Cette organisation nationale permet de sécuriser les volumes et les débouchés pour les transformateurs.
Les transports seront optimisés, les animaux bretons allant en priorité à Montfort-Viandes".
Grille de prix fixe plus compléments
Pour les éleveurs, l'intérêt est de disposer d'une grille de prix fixe, avec des compléments de prix de 15 à 50 centimes d'euro par kg de carcasse, selon les saisons. "C'est la Commission filière bovine d'Unebio qui décide du changement des compléments de prix. Ces compléments sont réservés aux producteurs annonçant deux mois à l'avance les animaux qu'ils vont vendre. C'est nécessaire pour anticiper le commerce et avoir un marché fluide", précise Benoît Froger, salarié BVB et responsable du Pôle bio breton.
"Les marchands de bestiaux qui passent sur les fermes proposent parfois des prix plus élevés. Mais plutôt que de faire un "bon coup", je pense qu'il est important de rester fidèle au travail collectif qui permet d'avoir un revenu toute l'année", exprime Pascal Vallée, producteur laitier bio à Goven (35).
S'agissant des marchés des boucheries artisanales, biocoops et magasins spécialisés, BVB va continuer à les approvisionner directement, sans passer par Unebio. "Ce créneau qui concerne les animaux de qualité bouchère connaît un développement satisfaisant", termine Daniel Bronsard.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Benoît Froger, Daniel Bronsard, René Le Courtois et Pascal Vallée.