
C'est un tournant que vivent actuellement les GDS. "L'évolution que vous avez adoptée lors de cette assemblée générale du 5 juillet marquera l'histoire de la gestion sanitaire en Bretagne. Elle renforce la cohérence, la cohésion des acteurs et donc l'efficacité des actions", s'est d'ailleurs félicité le président de l'Union bretonne des GDS (UBGDS), désormais "GDS Bretagne", Jean-François Tréguer. Ce changement est notable en partie parce que l'UBGDS, créée il y a 38 ans, n'a jusqu'à présent vécu que peu de changement. "Nous proposons de faire évoluer les statuts, c'est très rare", a commenté son directeur, Patrick Le Provost. L'Union s'est néanmoins largement préparée à ce changement, auquel elle aspire depuis plusieurs années déjà.
Une demande de l'État
Cette réforme des statuts répond en fait à la volonté de l'État d'avoir, en face de lui, un interlocuteur unique pour discuter des questions sanitaires. Une réponse à la Réforme générale des politiques publiques (RGPP) et surtout aux États généraux du sanitaire. "Nous avons besoin d'une instance qui fasse bien le lien, a notamment expliqué Philippe Hercouet, Chef du Service régional de l'alimentation (Sral) à la Draaf Bretagne, précisant néanmoins à plusieurs reprises qu'il ne s'agit pas de "balayer l'existant, mais au contraire de s'appuyer sur l'existant pour avancer."
Conseil ouvert
Concrètement, la première nouveauté réside dans l'ouverture du Conseil d'administration de l'Union des GDS, qui comprendra désormais trois collèges au lieu d'un. D'une part il intègrera des représentants d'autres espèces que la seule espèce bovine, ce qui était le cas jusqu'à présent et qui empêchait la structure d'être représentative de l'élevage breton. D'autre part, il ouvrira sa porte à d'autres structures (Union régionale des Groupements techniques vétérinaires, Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral…), soit avec voix délibérative, soit avec voix consultative. Et ce n'est pas tous les jours que GDS et vétérinaires sont réunis, pacifiquement, autour d'une même table, comme ont notamment pu le montrer, par le passé, les discussions autour de la vaccination FCO.
La seconde nouveauté réside dans la création de sections spécialisées, pour certaines déjà existantes (bovins, ovins caprins, aviculture), pour d'autres nouvelles (aquaculture, apiculture, faune sauvage), chaque président de section intégrant le Conseil. La liste des sections, validée par chaque GDS départemental, est annoncée comme évolutive.
Le porc à part
On aura d'ailleurs remarqué que, dans cette liste, ne figure pas l'espèce porcine. Un point sur lequel a bien insisté, lors de l'assemblée générale, Jacques Crolais, directeur de l'UGPVB. "Nous accueillons favorablement la proposition de l'UBGDS d'accueillir l'UGPVB, mais ce pour l'espèce bovine et pas pour le porc. En la matière nous adhérons en effet à l'OVS porc Bretagne, qui pilote les actions et rassemble tous les acteurs dans la région. Nous discuterons bien évidemment avec GDS Bretagne, sur les dossiers transversaux, mais sans adhérer." Une manière ferme et polie de refuser l'invitation des GDS, qui se montrent pour leur part relativement insistants. Enfin, concernant l'aviculture et l'intégration de la section œufs de l'UGPVB dans la nouvelle entité, les choses semblent bien plus simples. "Des réflexions sont en cours pour voir comment participer à l'organisation mise en place."
Anne-Laure Lussou
Photo :Marc Gayet, président de la FNGDS, Jean-François Tréguer et Patrick Le Provost, président et directeur de GDS de Bretagne et Philippe Hercouet, Chef du Service régional de l'alimentation (Sral) à la Draaf Bretagne, lors de l'assemblée générale GDS Bretagne le 5 juillet. (de g. à dr.)
Vaccination FCO : suspens
Le comité de pilotage concernant la vaccination contre la FCO aura lieu le 21 juillet. L'on saura, alors, ce qu'il en adviendra des modalités pour la nouvelle campagne. "Ce qui est sûr, c'est que le ministre n'a pas 98 millions d'euros à remettre cette année, a indiqué Marc Gayet, président de la FNGDS, et qu'il n'instaurera pas de vaccination obligatoire sans apporter de finances." Incertitude, donc, concernant le renouvellement de la vaccination obligatoire même si, pour Marc Gayet, "le mieux serait de la poursuivre encore un peu".