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Morbihan (56)
La luzerne au Gaec Le Meyec-Gousset, à Elven / Une réduction de 25 tonnes des achats de soja dans l’année
 

Seulement dix hectares de pâtures accessibles aux 80 laitières, sur les 133 hectares de SAU de l'exploitation. Difficile de se passer du tourteau de soja pour équilibrer une ration essentiellement à base de maïs fourrage, toute l'année. Les vaches ne pâturent que pendant deux mois, du 15 avril au 15 juin. Depuis 3 ans, les associés du Gaec visent une plus grande autonomie en produisant  une partie des protéines. « Nous avons implanté six hectares de luzerne, en 2007 et nous avons agrandi la sole tous les ans, pour atteindre 12 hectares aujourd'hui », indique Hervé Le Meyec. La culture du méteil, dont le but était de sécuriser la ration par son apport de fibre, a été supprimée. Jugée trop irrégulière, elle a été remplacée par la légumineuse, qui apporte non seulement ses fibres mais aussi ses protéines et ses oligo-éléments.


4,5 kilos de MS par jour et par vache


La ration quotidienne est distribuée, à l'auge, à la mélangeuse. « Le matériel existait avant l'implantation de la luzerne », précise Daniel Gousset. Elle intègre 12 kilos de matière sèche de maïs fourrage par vache, 2,5 kilos d'ensilage d'épis de maïs, 1,9 kilo de tourteau de soja, 4,5 kilos de matière sèche de luzerne, sous forme d'ensilage et des minéraux. Exit paille, foin et méteil. La luzerne apporte l'essentiel de la fibre. « Elle apporte aussi du calcium et c'est un hépato-protecteur naturel. L'état sanitaire du troupeau s'en ressent ». Les génisses en profitent. « Avant chaque distribution, les refus sont poussés de l'autre côté du couloir d'alimentation ». Les génisses sortent, en pâture, en été.


12 tonnes de MS par hectare


Les éleveurs mettent en avant l'économie de soja (1 kilo de luzerne équivaut à 300 grammes de correcteur azoté). 25 tonnes dans l'année. « A 320 euros la tonne de tourteau, le gain est de 8000 euros ». Une économie qui permet de couvrir les charges liées à la culture de la luzerne et aux récoltes. « La tonne produite revient à 65 euros, toutes charges comprises (voir encadré) », indique Hervé Le Meyec. Chaque hectare produit 12 tonnes de matière sèche à l'année. « Nous effectuons 4 coupes. La cinquième est aléatoire. Elle dépend des conditions météo. Cette année, la première coupe a été trop tardive pour espérer cette dernière coupe ». La luzerne produit bien en période de sécheresse et assure une régularité des rendements. Elle a permis, en outre, de diminuer la surface de maïs.
Le semis est idéalement réalisé après moisson, dans un sol encore chaud, au semoir à céréales. « Après maïs, c'est trop tard. Il est alors préférable d'attendre le mois de mars ». Les derniers semis sur l'exploitation ont été réalisés à une densité de 27 kilos par hectare, dans un sol bien travaillé en surface et rappuyé en profondeur. L'innoculation en bactéries est indispensable pour initier le développement de nodosités au niveau des racines. La fertilisation se limite à 45 m3 de lisier de bovins pauvre en azote, par hectare. Une tonne de chaux, par hectare et par an, permet de maintenir un pH proche de 6. Un désherbage est réalisé au semis.


Ne pas faucher trop ras


Toute la luzerne est fauchée. L'intervalle entre coupes est de 35 jours, pour conserver une bonne teneur en protéines. « Nous laissons la luzerne fleurir partiellement une fois dans l 'année pour reconstituer les réserves ». La récolte a lieu 3 à 4 jours après la fauche à l'aide de l'autochargeuse de la Cuma. « La première année, nous avons fait l'erreur de faucher trop bas. L'idéal est de couper à 6-8 centimètres, pour assurer la pérennité de la culture et les rendements ». Trois années de production ont suffit pour séduire les éleveurs. La luzerne s'est imposée dans la rotation des cultures (pérennité de 5 années) et dans la ration des animaux. Elle a un avenir au Gaec Le Meyec-Gousset, selon les dires des associés.
Bernard Laurent


 


Photo : Françoise Le Meyec et Daniel Gousset ont reçu de nombreux visiteurs lors d'une porte ouverte, mardi dernier,
organisée par la Chambre d'agriculture


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Juillet 2010
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