
Les crises agricoles ont contraint les éleveurs à affiner davantage le fonctionnement technique, économique et social de leurs exploitations. Dans cette réflexion, le travail en groupe présente une efficacité reconnue, quantifiée lors de l'assemblée générale de la FDGeda d'Ille-et-Vilaine, le 24 juin à Montreuil sur Ille. Les groupes lait des Geda, qui comprennent tous les types de systèmes fourragers, affichent un produit légèrement supérieur à la moyenne du CER : 500 contre 497 euros par 1 000 L.
Mais la différence se creuse surtout au niveau des charges opérationnelles, qui sont abaissées à 188 euros/1 000 L (205 en moyenne CER). L'EBE avant main d'œuvre est donc plus important pour les producteurs des Geda : 248 euros/1 000 L (228 CER). Leurs annuités sont par contre un peu plus fortes, peut-être parce qu'ils peuvent davantage se permettre d'investir. Au final, le disponible pour travail et autofinancement atteint 160 euros/1 000 L pour les Geda et 154 en moyenne CER.
"Dans les groupes de travail, nous essayons de déterminer le point d'équilibre propre à chaque exploitation, en fonction notamment du revenu souhaité. C'est intéressant pour faire des prévisions sur l'année suivante et réagir : en remettant de la trésorerie sur l'exploitation, en essayant de mieux valoriser les produits, en travaillant sur la réduction des charges…", explique une des animatrices.
Seulement 10% des exploitations adhèrent à un groupe
Dans le département, seulement 10% des exploitations adhèrent à un groupe d'agriculteurs (Geda et Ceta cumulés). "Ce n'est pas beaucoup compte tenu de l'avantage économique que représente le travail en groupes. Et il y a tout un réseau derrière : le FRGeda au niveau Bretagne et le FNGeda sur le plan national. Les banques, la Chambre d'agriculture, le Vivea incitent à ce type de formations. Les groupes Geda sont variés : lait, cultures, caprin, allaitant, bio. Et depuis 2007, un groupe prospective fonctionne, animé par Trame", expose Charles Leprêtre, président départemental des Geda pendant plus de 20 ans. A la suite de l'assemblée générale, il a passé le flambeau à Carine Chassé, productrice de lait à Piré sur Seiche, qui devient la nouvelle présidente.
Evoquant l'approche territoriale, également développée dans les Geda en partenariat avec les collectivités locales et les communes, Charles Leprêtre considère que le travail d'aménagement mené par les agricultrices est très important en termes de communication. "Cette image positive se retrouve dans les produits vendus".
L'aménagement réalisé par Marie-Jeanne et Hervé Fontaine, dans le cadre du groupe d'Hédé, est un bon exemple de valorisation de site. Sur leur exploitation située à Montreuil sur Ille, les producteurs ont aménagé un gîte (ouvert depuis 4 ans) et une salle, louée au public depuis 2 ans. "Nous avons réfléchi pendant un an à l'aménagement extérieur autour de ces zones d'accueil, en prenant en compte notre espace de vie". Des plantations ont été effectuées devant la salle et un chemin réservé à l'accès au gîte a été mis en place, également agrémenté de fleurs et verdure. Une belle réussite.
Agnès Cussonneau
Photo : Marie-Jeanne et Hervé Fontaine (au centre) ont été épaulés par le groupe d'aménagement de Hédé pour réaliser les espaces verts et fleuris autour de leur gîte rural et de leur salle.