
Précurseur dans la fabrication de produits « nutrition santé », le groupe Even poursuit ses investigations dans ce créneau à haute valeur ajoutée. « Notre savoir-faire sur les seniors est à développer sur le secteur des jeunes enfants », indique Christian Couilleau, directeur général, qui résume la ligne de mire de l’entreprise : « Le futur passe par l’innovation ». Innovation qui s’appuie sur le recours à de nouveaux process industriels, comme la fabrication de poudre de yaourt légèrement acidulée destinée à rentrer dans de nombreuses fabrications industrielles.
Privilégier les marchés stables
L’innovation est le maître mot de cette entreprise laitière qui affiche une bonne santé économique. « Le résultat de la branche lait est de 15,4 millions d’euros. 3,6 millions d’euros seront redistribués aux adhérents ; chaque adhérent recevra en moyenne : 11,66 euros/1 000 litres, soit à notre connaissance le plus haut niveau pratiqué par les coopératives ».
« En parallèle des compléments de prix et la rémunération du capital social, nous avons également aidé nos jeunes agriculteurs à hauteur de 150 000 euros. Sans oublier les délais de paiement accordés aux adhérents », liste Guy Le Bars, président et producteur de lait et de porc à Ploudaniel. Et d’ajouter que « le lait neige du mois de janvier s’est traduit par un versement de 750 000 euros sans contrepartie de livraison ».
À la coopérative laitière de Ploudaniel, on refuse de faire l’amalgame entre la conjoncture difficile rencontrée par les producteurs et la situation financière du groupe qui prévoit une augmentation de son chiffre d’affaires de 300 millions en 2010 (de 1,4 milliard à 1,7 milliard), après une hausse identique en 2009.
« Deux événements expliquent cette croissance : l’intégration de Laïta et la croissance externe, à savoir le rachat de quatre sociétés spécialisées dans l’approvisionnement des restaurants », explique le directeur. Et d’indiquer que « distribution et produits laitiers sont très liés. De plus en plus, l’activité laitière sera risquée d’où la nécessité de compenser pour avoir des activités plus stables ».
Se situer dans le marché
L’investissement constamment renouvelé du groupe va également dans ce sens de la consolidation des marchés rémunérateurs. Les prévisions pour l’année en cours font état de 45 millions d’investissements dont 30 millions dans le lait. « La mission de l’entreprise est de dégager une valeur ajoutée forte sur le territoire, aujourd’hui et demain », résume le président. Et de conclure : « Pour la France, l’enjeu de 2010 va être de récupérer les marchés à valeur ajoutée. Le vrai sujet est : est-ce que l’on se situe dans le marché ? Sachant que 4 producteurs sur 10 travaillent pour l’export ».
Didier Le Du
Photo : De gauche à droite, Christian Couilleau, directeur, et Guy Le Bars, président, présentent un échantillon des dernières nouveautés.
Laïta fête ses 1 an
Laïta nouvelle formule est née il y a exactement un an, le 1er juillet 2009. Ce poids lourd laitier (1,2 milliard de litres) assure la collecte, la fabrication et la commercialisation des produits laitiers, la nutrition spécialisée et la production de veaux de boucherie. « Tout sera rodé dans un an », commente Christian Couilleau, directeur, qui parle d’une « mise en route qui s’est bien passée ».
Outre les 6 implantations industrielles bretonnes, auxquelles il convient d’ajouter l’Armoricaine laitière (Lanfains) et l’union Lorco qui ont décidé de se lier plus fortement à la coopérative de Ploudaniel, Laïta compte 4 implantations industrielles en Europe : Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne.
« Cette nouvelle entreprise sera ouverte à de nouveaux partenariats quand le fonctionnement sera fluide. C’est-à-dire à partir de 2011 », indique Guy Le Bars.