
C'est un lieu d'échanges qui permet aux producteurs de trouver des solutions à leurs problématiques techniques", précisent les partenaires* qui ont sélectionné six thématiques. Dans l'atelier agronomie, les organisateurs ont souhaité montrer l'impact du tassement sur le développement racinaire. Des solutions visant à le limiter ou y remédier seront proposées (outils de décompactage). Provoqués par des pluies importantes, les effondrements de buttes ou billons peuvent également être problématiques. Là aussi des outils de travail du sol peuvent agir contre.
Une thématique sera réservée au mildiou, ennemi numéro 1 de la pomme de terre : dégâts occasionnés et solutions. L'atelier désherbage montrera notamment la performance des programmes contre les adventices. Sur le traitement des plants, des solutions remplaçant les poudres seront exposées avec les techniques d'application et les moyens de protection des applicateurs et de l'environnement.
Un autre atelier présentera une collection de virus, rendant les plants non commercialisables, et les moyens de lutte contre les insectes nuisibles, dans le respect des auxiliaires. La dernière partie sera dédiée à la faculté germinative des plants. Y seront également abordées les conséquences du développement de la jambe noire.
Un bond à l'export
Toutes ces démarches engagées par la filière contribuent à conférer au plant de Bretagne une qualité reconnue qui lui permet notamment de développer ses marchés à l'export depuis plusieurs années. "Sur les 125 000 tonnes produites en Bretagne en 2009, 70 000 ont été exportées dans 45 pays (dont 20 pays à plus de 1 000 t). L'Algérie, la Tunisie et l'Egypte sont de gros acheteurs", explique Yvon Pouliquen de Bretagne Plants.
"Des marges de progrès existent dans ces pays, car les exportateurs bretons ont des parts de marché (autour de 10%) beaucoup moins importantes que les Hollandais, toujours très actifs commercialement malgré une dégradation de leur qualité. Et du fait de leur domination, ils imposent leurs prix".
Grâce à l'absence de maladies de quarantaine, la qualité sanitaire du plant breton est un atout, sa gamme variétale également. 65% des variétés sont protégées. La précocité est un autre avantage sur certains marchés d'Afrique et du Moyen-Orient, en Arabie Saoudite notamment. "La réactivité des producteurs qui ont investi dans du matériel adapté (palettiseur…) et le dynamisme des exportateurs sont deux autres points forts", ajoute Yvon Pouliquen.
Concernant les enjeux à venir : "Nous devons regarder de près l'évolution des sociétés dans nos pays destinataires, pour coller aux attentes de nos clients. Par exemple, pour certains producteurs, la pomme de terre est devenue une culture de rente. En Afrique du Nord, ils s'orientent davantage vers la transformation (frites…)". Et de conclure : "Les Bretons doivent continuer à être des fournisseurs fiables : nos clients sont des pros".
Agnès Cussonneau
* Bretagne Plants, Coopagri Bretagne, Germicopa, Cecab, Syngenta.
Photo : Algérie, Tunisie et Égypte sont de gros acheteurs de plants bretons. Sur les 125 000 tonnes produites en Bretagne, 70 000 tonnes ont été exportées dans 45 pays.