
Quand le temps n’est pas de la partie, la technique de conservation du blé humide peut être une solution. De même, plutôt que de vendre un excédent de maïs à bas prix, il peut être économiquement intéressant de le stocker sous forme humide. Ces aliments très riches peuvent être valorisés par les bovins, notamment les vaches laitières.
Maïs humide, allié de l’herbe
« L’utilisation par les bovins ne pose pas de problème particulier », confirme Gildas Cabon, ingénieur ruminants chez Arvalis. « La conservation sous forme broyée dans un petit silo couloir, ou aplatie dans un silo boudin, est quasi parfaite. Les vaches laitières peuvent en consommer de 2 à 6 kg par jour, en fonction de la nature des fourrages de la ration ; pour elles, il n’y a aucun souci digestif tant que l’on ne dépasse pas 28 % d’amidon dans la ration, et l’optimum d’efficacité se situe entre 22 et 25 %. Plus on introduit d’herbe dans la ration des bovins, plus il y a de la place pour valoriser le maïs grain humide ».
Les taurillons de race à viande peuvent en recevoir quotidiennement 3 à 4 kg en complément du maïs fourrage et du correcteur azoté. « On peut aussi leur en donner à volonté, sans autre fourrage que de la paille », poursuit l’ingénieur.
La récolte de maïs grain humide se fait après celle du maïs ensilage, avec un taux d’humidité du grain compris entre 34 et 38 %. Une récolte précoce participe à préserver la qualité sanitaire. En effet, le maïs grain humide, récolté tôt en saison, réduit le risque de mycotoxines au champ.
Valeurs alimentaires préservées
Dans ce produit humide, les bactéries lactiques se développent rapidement et garantissent la conservation des qualités initiales du maïs. La valeur énergétique dépend avant tout de la teneur en amidon à la récolte (0,79 UFL/kg brut). La valeur azotée n’est pas affectée par les fermentations. La légère acidité du produit évite le développement de microflores indésirables. La concentration en nutriments (énergie, protéines,...) du maïs conservé humide est proportionnelle au taux de matière sèche du maïs stocké d'où l'importance de bien connaître l'humidité de l'ensilage pour bien l'utiliser et corriger les apports dans la formule.
Quant aux blés en début de germination ou à faible PS, ils gardent la même valeur alimentaire. Pour des germinations très avancées (germes de 10 cm), la valeur énergétique baisse légèrement (5 %), alors que la valeur azotée (PDIN) augmente de 20 %.
La reprise au silo boudin se fait à la main. L'utilisation d'un chargeur risque de provoquer des entrées d'air dans le silo et ainsi en altérer la conservation. La configuration doit permettre un désilage frontal journalier de 5 à 10 cm d'épaisseur.
Didier Le Du
Photo : Pour les bovins, le broyage doit plus s’apparenter à un éclatement (ici du blé) qu’à une mouture.