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OVINS / La mesure entre en vigueur au 1er juillet 2010 - L’identification électronique est obligatoire
 

À compter du 1er juillet, tous les agneaux qui vont naître dans les élevages ovins devront porter une boucle électronique. Et d'ici le 1er juillet 2013, au plus tard, c'est l'ensemble du troupeau qui devra être bouclé. "C'est un chantier que l'éleveur engage sous sa propre responsabilité et qu'il effectue lui-même", explique Alain Gouédard, de la Chambre d'Agriculture 35. Les boucles sont fournies par l'EDE.


Se servir de la boucle


Cette boucle comprend le numéro d'identification de l'élevage précédé par les lettres FR, par exemple FR 285 068. Puis, un numéro d'ordre avec le millésime de l'année et l'ordre de naissance par exemple, 00 480 pour un agneau né en 2010. Comme pour les bovins, les éleveurs ovins demandent à pouvoir travailler en série continue, sans millésime, de manière à gérer plus facilement le stock de boucles.
Huit élevages ovins bretons ont testé les boucles électroniques. Certains, comme Raymond Leprizé de Québriac (35), ont choisi de s'équiper du logiciel Ovitel, afin de tirer profit de l'identification électronique dans le suivi du troupeau. Les carrières des 410 brebis de R. Leprizé ont été introduites dans le logiciel. Celui-ci comporte plusieurs modules : inventaire, mise-bas, bonnes pratiques sanitaires, création de lots pour la lutte, suivi des performances.


Les performances sous les yeux


Dans la bergerie, Raymond Leprizé approche le Palm de la boucle d'une brebis. Il souhaite connaître sa carrière. Avec son stylet, il fait apparaître rapidement les caractéristiques de l'animal : la brebis a agnelé 5 fois, elle a eu 11 agneaux, (prolificité de 2,20). Un agneau est mort, d'où une productivité globale de 2.
La croissance des agneaux apparaît sur l'écran et Raymond peut connaître la valeur laitière de la brebis. Quand toutes les données seront rentrées, l'éleveur aura l'historique sanitaire de ses animaux, les dates d'insémination, d'échographie, les traitements administrés, les ordonnances et visites de vétérinaires, les dates de tarissement… Avant, l'opération était "manuelle", les informations étaient notées sur le carnet d'agnelage, puis transmises à l'EDE. L'éleveur avait un retour annuel, avec un listing. "L'outil informatique permet d'aller plus vite, d'être plus réactif et de diminuer le coût", souligne l'éleveur.


Outil de sélection


"J'ai accès, en direct, à la carrière de l'animal et je peux trier plus rapidement. J'effectue une première pesée des agneaux à 35 jours, ce qui me donne la valeur laitière. Pour moi, qui vend des animaux reproducteurs, c'est un véritable outil de sélection. J'ai les performances des parents en un clic". La constitution des lots, le tri des réformes sont plus faciles. 
Raymond travaille avec 2 races : Ile de France et Rouge de l'Ouest. "Afin d'améliorer la prolificité, je souhaite créer un noyau d'agnelles F1, sans introduire d'animaux extérieurs en dehors des béliers", explique l'éleveur. "Je peux trier les brebis bonnes laitières et moins prolifiques en faisant un tri informatique sur les index de valeur laitière entre 0 et 50 et les index de prolificité (entre -0,05 et + 0,20)". Ce tri donne 67 animaux, qu'il pourra mettre en lot pour un croisement avec un bélier Romanov prolifique. "Le logiciel facilite la réactivité et me fait gagner du temps".


Partager les expériences


Un éleveur spécialisé viande pourra également faire le tri de ses agneaux, en fonction des signes de qualité Label Rouge ou CCP. Celui qui n'aurait pas le contrôle de performances pourra trier sur le poids d'agneaux produit par brebis, dès que les données de l'abattoir seront transférées.
Le coût global du logiciel et du Palm devrait se situer autour de 1 500 euros. "Nous souhaitons mettre en place des groupes d'éleveurs autour de l'identification électronique, pour mieux appréhender le fonctionnement du logiciel et partager les expériences", déclare Alain Gouédard. Ce logiciel est un outil complémentaire de l'identification, permettant d'aller vers une gestion plus rigoureuse du troupeau.    

Patrick Bégos


Photo : Raymond Leprizé approche le palm de la tête de la brebis puis il pourra consulter à l'écran la carrière de la brebis.




Des précautions à la pose
"Pour éviter les risques de pertes, les boucles doivent être posées le plus près possible de la tête", déclare Alain Gouédard. En Bretagne, les professionnels ont choisi la pose de 2 boucles : l'une électronique et l'autre conventionnelle (non électronique), pour faciliter les repérages en cas de perte. "Lors de la pose de la boucle électronique, les fabricants conseillent d'éviter la teinture d'iode, comme désinfectant, car elle est corrosive. Il est préférable d'utiliser une pâte à base de chlorexydine". 
En cas de perte de boucle, il faut reboucler les animaux dès que possible, par le remplacement à l'identique de la boucle perdue (même nature de repère et même numéro), passer commande des boucles de remplacement à l'identique et réidentifier l’animal avant sa sortie de l'exploitation.



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Juillet 2010
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