
Non sans difficultés sur certains points, l’assemblée nationale devait conclure cette semaine l’étude de la Loi de modernisation agricole (LMA). D’âpres discussions se préparaient avec des sujets sensibles comme la contractualisation et plus encore la réglementation des installations classées (ICPE), autour de ce d’aucuns ont appelé l’amendement Le Fur. FDSEA et Jeunes Agriculteurs ont voulu s’afficher sur ces deux dossiers.
Clairement, les deux syndicats se disent résolument favorables à la contractualisation qu’ils distinguent nettement de l’intégration. Pas à n’importe quel prix cependant. Patrick Cherdel, le président des jeunes, avoue que la LMA dans son écriture actuelle fait la part belle aux interprofessions mais s’engage beaucoup moins sur les organisations de producteurs et les associations d’organisations de producteurs (AOP) .
Il explique que la LMA doit pourtant donner plus de lisibilité et de sécurité aux producteurs. « Mais il faut que les producteurs puissent s’organiser. C’est le but des OP et des AOP ». L’un des points d’achoppement serait plus spécifiquement les AOP que Bruxelles se refuse pour le moment à reconnaître. « Il ne peut y avoir d’interprofessions fortes en l’absence de possibilités de regroupements », insistent les responsables qui espèrent voir infléchir certaines dispositions.
Uniquement de la simplification
Dossier tout aussi sensible dans cette LMA, celui de la simplification administrative sur la réglementation des installations classées (IPCE). Bien que le projet d’amendement continue de faire des vagues dans le milieu associatif et politique, les syndicats n’en démordent pas. Jean-Jacques Poëzévara, le président de la FDSEA veut convaincre : « Cet amendement n’a qu’un seul objectif, la simplification administrative. Et ne change pas les règles environnementales ». Ne comprenant pas pourquoi certains s’obstinent à refuser une harmonisation des réglementations au sein de l’Union européenne. « D’autant que contrairement à ce que l’on peut parfois véhiculer, ce dossier concerne toutes les productions et pas uniquement les productions hors-sol».
Pas évident alors que le département se démène plus que jamais avec le dossier des algues vertes. Elles font une apparition particulièrement remarquée en ce début d’été dans des secteurs côtiers où on avait moins l’habitude de les voir. Un dossier qui évolue par ailleurs dans un contexte politique sur fond de polémique. Le Conseil général a décidé lors de sa dernière session, lundi à Saint Brieuc, de cesser de financer le ramassage, le transport et le traitement des algues vertes. Il engage une action contre l’Etat pour demander une indemnisation en contrepartie du préjudice d’image et d’impact sur le tourisme.
Pierre Dénès
Photo : Jean-Jacques Poëzévara, président de la FDSEA, et Patrick Cherdel, président des Jeunes Agriculteurs.