
Le prix des œufs s’est bien maintenu tout au long de l’année 2009, et a compensé la hausse du prix de l’aliment. Cette même année, la production d’œufs de consommation a reculé en Europe. En effet, suite à l’application de la directive bien-être au 1er janvier 2009, la production allemande a fortement chuté de 17 %. La France, le premier producteur de l’Union européenne devant l’Italie et l’Espagne affiche une baisse de 4% par rapport à 2008. Cette situation a entraîné une pénurie sur le marché de l’œuf. La consommation s’inscrit par contre plutôt en hausse, l’œuf restant la protéine animale la moins chère.
Une cotation record
La cotation TNO moyenne de 2009 se situe à un niveau record jamais atteint ces dix dernières années : 6,69 euros /100 œufs. Depuis avril dernier, la cotation se replie après 5 mois consécutifs au dessus de 7 euros/100 œufs. La forte hausse de la production d’œufs annoncée jusqu’à l’automne explique cette baisse.
Précisons que la majorité des producteurs d’œufs de consommation sont en contrat avec leur groupement. Ces contrats sont en général indexés sur le prix des œufs (TNO) et sur celui de l’aliment. Ils permettent de lisser les variations des prix des œufs et de l’aliment.
Des marges brutes stables
Bien qu’en baisse sur l’ensemble de l’année 2009, le prix de l’aliment se maintient à un niveau élevé à 228 euros/T (clôture moyenne juillet) contre 241 euros/T en 2008. En 2009, le coût alimentaire représente 60 % du coût de production de l’œuf, sans intégrer l’aliment d’élevage des poulettes jusque 18 semaines. La hausse du coût alimentaire a été en partie répercutée sur le prix de vente consommateurs, ce qui a permis de maintenir les marges brutes des éleveurs.
La productivité se stabilise à 303 œufs par poule tandis que l’IC se dégrade légèrement (139 g/œuf). La stagnation des critères techniques depuis cinq ans s’explique notamment par l’allongement des durées de ponte.
Des investissements lourds
La conjoncture favorable des trois dernières années explique en partie l’amélioration de la situation financière des élevages en termes de taux d’endettement et de trésorerie. Cependant, les disparités persistent : un tiers des exploitations sont au-delà de 100% d’endettement et un quart sont très peu endettées. Certains éleveurs ont profité du contexte favorable pour anticiper les investissements liés aux normes bien-être 2012. D’autres sont en cours de réalisation. Mais, les éleveurs les plus endettés, dont l’outil est loin d’être amorti, n’ont pas la capacité financière d’investir. Ceci d’autant que le montant de l’investissement est très variable : de 3 euros/poule pour les éleveurs qui n’ont plus que l’aménagement de la cage à prévoir (perchoirs, nids et tapis) à 23 euros/poule pour ceux qui investissent dans un bâtiment neuf. Cela représente une charge d’annuités supplémentaires de 0,11 euro à 0,83 euro/100 œufs. En tenant compte de la baisse des annuités existantes, la charge supplémentaire varie de 0,03 euro à 0,47 euro pour 100 œufs.
La faisabilité de la mise aux normes est donc très tributaire du prix des œufs et de l’aliment. Elle dépend aussi de facteurs liés à l’exploitation, comme la situation financière. Quel que soit le projet de mises aux normes, la maîtrise technique reste une priorité. Plus l’investissement est élevé, plus elle devient incontournable.
Geneviève Audebet
CER FRANCE Côtes d’Armor
Photo : Le passage en cages aménagées aux normes bien-être 2012 représente un investissement conséquent selon le niveau d’équipement à réaliser.