Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
La Confédération et le projet agricole départemental / Un projet jugé très libéral
 

Déception de la Confédération paysanne, au terme des discussions sur la révision du Projet agricole départemental (PAD). « Nous n’étions pas demandeur, et pourtant nous avons joué le jeu en faisant des propositions », souligne Rémi Le Mézec, représentant le syndicat dans les discussions. La mouture adoptée fin de semaine dernière par la CDOA est loin de le satisfaire. « La porte ouverte aux agrandissements et une politique qui affiche clairement une orientation sur les volumes et pas sur la valorisation ».


Le potentiel avant le revenu


Deux points illustrent cette position : les grilles d’équivalences et le refus d’intégrer les DPU. « Les grilles d’équivalences ont de nouveau franchi un pas important ». Il cite le lait : « On est passé de 250 000 litres à 310 000 litres pour 1 UTH, puis à 470 000 litres pour 2 UTH, à 630 000 litres pour 3 UTH, puis à 790 000 litres pour 4 UTH ».  Regrettant aussi qu’à aucun moment, il n’y ait pas de dégressivité au fur et à mesure de l’augmentation du nombre d’UTH sur l’exploitation. De fait  explique t-il « même s’il y a une hiérarchisation et compte tenu de d’autres critères d’abattements qui permettent de réajuster la dimension économique (engagement sur l’environnement par exemple), on élargit à outrance le nombre de prioritaires ». Autrement dit « c’est vouloir faire plaisir à tout le monde sans dégager des priorités ».
La Confédération aurait aussi voulu l’introduction des DPU dans la révision du PAD. « Il ne s’agit pas de faire la chasse à ceux qui ont plus ou moins de DPU, ni d’opposer les systèmes, mais plutôt de disposer d’un outil supplémentaire de lecture de la grille et de hiérarchisation des exploitations ».  « L’intégration des DPU est d’autant plus logique qu’une partie non négligeable était liée à l’origine aux moyens de production, au travers de l’aide laitière (ADL) qui a été intégrée après le découplage aux DPU ». Une seule possibilité de correction à été retenue pour  ceux qui se situent à 15 % en dessous de la moyenne de leur production. « Mieux que rien, mais nettement insuffisant ».
Gaby Troadec, l’un des responsables lait, perçoit cette révision du PAD comme « l’amorce d’une revalorisation permanente et sans fin car ce n’est pas le revenu des producteurs qui la guide mais le maintien à tout  prix du potentiel de production ». Au final pour la Confédération, « cette révision risque  surtout d’accélérer la restructuration, la concentration vers des systèmes de plus en plus intensifs ». Avec par ailleurs des inquiétudes « quant aux limites physiques des éleveurs à devoir toujours produire plus sans aucune garantie de revenu et sur les possibilités à accueillir des jeunes dans une telle politique ».

Pierre Dénès


 


Photo : Sur l’exploitation du Gaec Nevezadur (Florence Le Saint et Bruno Le Floc’h) à Pommerit-le-Vicomte, à gauche, les responsables de la CP 22, Rémi Le Mézec et Gaby Troadec ont expliqué les positions du syndicat sur la révision du PAD.


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Juillet 2010
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La révolution rurale des années 60





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