La régulation des marchés agricoles : tout le monde est pour, surtout quand ça va mal... La distribution veut être assurée d’un approvisionnement régulier en quantité et en qualité. Les industriels veulent être surs de disposer avec régularité, de matières premières de qualité à des prix stables. Les producteurs veulent avoir une visibilité à long terme, en particulier les éleveurs qui ne peuvent changer leur production d’une année à l’autre. Ils veulent être certains de trouver un débouché pour le fruit de leur travail et à un prix connu à l’avance. Mais cette version idyllique d’un monde économique équilibré, à l’allure d’un long fleuve tranquille, n’existe plus ou peu, en agriculture. Les marchés sont influencés par les évènements mondiaux. La dernière flambée des prix alimentaires a été provoquée conjointement par une plus faible récolte et une demande croissante des pays émergents. Mais le mouvement inverse peut aussi se produire. Et dans cet équilibre instable, les cours varient plus ou moins fortement en fonction de ce que les économistes appellent l’élasticité des prix. L’agriculteur, premier maillon de la chaîne de production est alors celui qui est le plus exposé à ces variations. Se protéger de ces brusques changements en partageant le risque avec les autres maillons de la filière : c’est l’objectif de l’engagement réciproque entre producteur et transformateur, acté dans un contrat. La loi de modernisation de l’agriculture intègre cette problématique dans son principe. Mais les modalités d’application ne font pas encore l’unanimité. Dans la filière laitière, le désaccord persiste entre industriels privés (FNIL) d’une part et les coopératives (FNCL) et les producteurs laitiers (FNPL), d’autre part, sur la notion de volume et prix différenciés.