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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°10855 |
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Ille et Vilaine (35)
Face à des installations devenues très coûteuses / Développer d'autres formes de transmission
 

En Ille-et-Vilaine, pour une installation individuelle en production laitière, le coût de la reprise, plus les investissements programmés sur 5 ans, dépassaient 260 000 euros en 2009. "Ce montant moyen varie peu, mais des disparités importantes existent. On observe des installations avec de faibles capitaux", a fait remarquer Jean-Luc Fossé, président de l'Adasea d'Ille-et-Vilaine, lors de l'assemblée générale le 17 juin à Rennes.
A l'inverse, certains projets sont de grande envergure. Et du fait de la volatilité croissante des prix, les candidats doivent prévoir des marges de manœuvre plus importantes aujourd'hui. De leur côté, les banquiers sont plus frileux.


Constitution d'une SCI


Dans ce contexte plus complexe, peut-être que d'autres modèles de transmission peuvent être imaginés ? C’était en tout cas le thème de travail proposé lors de l'assemblée de l'Adasea 35. Odile Folschweiller, responsable technique, a exposé deux cas concrets inspirés d'installations récentes. "Une structure de 90 ha avec 458 000 L et un salarié a été reprise par une personne seule (conjointe à l'extérieur), grâce à un apport personnel de 60 000 euros et un apport familial de 165 000 euros. Une SCI a été constituée et l'habitat est financé sur 20 ans".
Autre situation. À son départ en retraite, un associé de Gaec à trois (150 ha, 1,1 million de L) souhaitait reprendre son capital : 1 000 parts sociales, un bâtiment et du foncier. Le coût de la reprise montait à 527 000 euros. "Finalement, le foncier et le bâtiment ont été loués au successeur. Ce dernier a repris 800 parts sociales et les 200 autres ont été rachetées par le Gaec et le compte courant associés".
En région Poitou-Charentes (systèmes lait et cultures importantes), Benoît Rubin, de l'Institut de l'élevage, a participé à une étude sur des formes innovantes de transmission. L'installation progressive en fait partie. "En étant salarié sur l'exploitation, pendant neuf ans par exemple, le jeune peut mûrir son projet et se constituer un apport. Des primes peuvent être versées selon les résultats techniques".


Pouvoir des apporteurs ?


Autre piste tracée : une partie des capitaux serait détenue par un tiers. "Les industriels, coopératives ou privés, devront sans doute investir dans les productions pour disposer de volumes suffisants à l'avenir", pense Paul Rouaud, responsable au Crédit agricole. Sur cette possibilité, les professionnels émettent des réserves quant au taux de rémunération qui sera adopté et au pouvoir des apporteurs. "Le jeune souhaite rester maître chez lui. Les apporteurs pourraient être anonymes", propose Benoît Champalaune, président de JA 35. Il voit aussi un intérêt dans les avantages fiscaux à l'installation.
La formule coopérative a également été évoquée. "Elle est courante en artisanat et commerce. Son intérêt principal, c'est qu'elle ne nécessite pas d'achat de capital à chaque génération", note Benoît Rubin. Il précise aussi que quand un nouvel associé arrive dans un Gaec ou autre, il peut porter un projet, avoir des responsabilités, sans pour autant qu'il y ait apport de lait ou investissement supplémentaire.

Agnès Cussonneau


Photo : De g. à dr. : Benoît Champalaune (président de JA 35), Jean-Luc Fossé (président de l'Adasea), Paul Rapion (DDTM) et Benoît Rubin (Institut de l'élevage).


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Juin au 1 Juillet 2010
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