L’esprit d’une Europe fédérale voulue par les pères fondateurs, n’est plus là. Il a laissé la place à une Europe des États soucieux de leur souveraineté. Pourtant dans « Politique agricole commune », il y encore « commune », l’oublierait-on ? La transposition des normes européennes dans les pays membres et plus particulièrement pour le secteur agricole, donne lieu à des interprétations différentes. Et la France, sur certaines de ces questions, on le sait, ne manque pas de zèle ou d’ambition, c’est selon. Ce qui était un petit désavantage concurrentiel en période faste devient un lourd handicap économique en période de crise. Pas une assemblée générale de coopérative ou de groupement en Bretagne, sans que le sujet ne soit évoqué. Des producteurs de lait finistériens sont allés voir ce qui se passe outre-Rhin. Ils ont pu évaluer et quantifier la différence de coûts. Aujourd’hui les éleveurs de porcs espèrent, à travers quelques amendements à la loi de modernisation agricole, se mettre au niveau européen concernant les seuils « installations classées », cinq fois plus restrictifs que la norme européenne. Ils espèrent aussi réduire le délai encadrant l’instruction de la procédure, plus longue en France qu’ailleurs. Quant à la politique européenne sur les OGM, elle pourrait être enterrée puisque la Commission envisage de laisser aux États membres la liberté d’interdire ou pas la culture des OGM autorisés dans l’Union. Et l’on pourrait aussi ajouter la « renationalisation » d’une partie du budget de l’agriculture à travers la modulation. Lorsque la recherche de consensus à 27 échoue, il y a toujours le danger de renvoyer aux états-membres la responsabilité de la décision. Et le risque de déconstruire brique par brique, l’édifice commun européen.