
L'arrêté du 14 avril 2010 fixe les modalités d'attribution des réserves régionales et départementales. À la suite du bilan de santé, une hausse des quotas laitiers de 1 % sur 5 ans avait été décidée. En 2009-2010, ce volume n'a pas été redistribué, ce qui entraîne une hausse de 2 % en 2010-2011. Une partie de la réserve régionale viendra abonder les droits à produire des jeunes agriculteurs qui auront chacun 40 000 L de lait supplémentaires.
2 % de quota supplémentaire
Pour redistribuer le solde de l'enveloppe de 2 %, trois propositions avaient été faites. La première consiste à attribuer à chaque élevage 2 % de rallonge par rapport à sa référence. La seconde visait à attribuer forfaitairement 6 000 à 7 000 L par élevage, quelle que soit la référence. La troisième envisageait une attribution dégressive, d'autant plus faible que la référence augmente.
"La première proposition a été retenue", souligne Jean Cabaret, porte-parole régional de la Confédération. "Nous aurions souhaité la seconde qui aurait permis de réduire un peu les écarts de volume entre élevages. C'et un choix politique et la redistribution en pourcentage est un moyen évident d'accélérer la restructuration des élevages laitiers".
Développer la filière régionale
Le plan de développement de la filière laitière figurait également au menu de la Conférence laitière régionale. La Draaf Bretagne s'est engagée avec vigueur dans cette réflexion. Pour les producteurs, ce plan prévoit un accompagnement social, des aides de reconversion pour les éleveurs souhaitant arrêter la production.
L'amélioration de la compétitivité du maillon production est également un axe important. "La plupart des propositions passent par une augmentation des volumes, sans parler de prix ni de valeur ajoutée", explique Patrick Besnard. "On ne se soucie pas du maintien des exploitations existantes et les installations de jeunes agriculteurs s'appuient sur des progressions de volumes. L'objectif est clairement de capter le lait non produit, à tous les niveaux".
Rénover l'outil industriel
Pour les entreprises, le plan de développement de la filière prévoit une rénovation de l'outil industriel, la construction de tour de séchage collective pour de la poudre à destination humaine et à valeur ajoutée. "Dans ce secteur, il y a déjà une forte concurrence. Pourquoi n'y a t-il pas de projets industriels pour les produits à grande consommation (fromages, desserts lactés…) ? ", interroge René Pouëssel.
Double volume, double prix
Une expérimentation sur la contractualisation est également en réflexion au niveau régional, avec un double volume et un double prix. Un quota A serait payé au prix A, prix interprofessionnel conforme à l'accord de juin 2009, en fonction du mix-produit de l'entreprise. Un volume B, correspondant à des allocations
provisoires liées à des sous-réalisations nationales et intra-entreprises, serait payé au tarif B (beurre-poudre). "L'objectif premier semble être de capter les volumes non réalisés dans les autres régions, pour ne pas répéter la sous-réalisation de 2009", estime Jean Cabaret. Le prix A tient déjà compte du mix-produit de l'entreprise. L'attribution d'un volume B va jouer sur ce mix-produit et donc sur le prix A.
"Avec ces mécanismes, on va empêcher la reprise du marché laitier", pense Patrick Besnard. "On prépare le même scénario qu'en 2007-2008, si l'allocation provisoire atteint 10 %, comme c'est envisagé". Le volume B coûterait moins cher à produire ? "Quel est exactement le coût de production marginal du litre de lait ? Peu de producteurs le connaissent et le maîtrisent", répond Jean Cabaret.
De son côté, la Confédération réitère ses propositions : un prix identique pour tous les producteurs d'un même bassin de production, un contrat sécurisant pour l'éleveur avec obligation de collecte et une gestion du secteur laitier par les pouvoirs publics. "Il faut un projet laitier européen à décliner au niveau régional".
Patrick Bégos
Photo : Les responsables de la Confédération Paysanne. De gauche à droite : Patrick Besnard, Jean Cabaret, René Poüessel.