
Les employeurs de main d’œuvre ont une obligation générale de sécurité envers leurs salariés. Ils sont tenus de prendre les mesures nécessaires pour assurer leur santé. Cette responsabilité a été transcrite dans différents textes par le législateur. Parmi eux, le document unique évaluant les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, institué par un décret du 5 novembre 2001. L’employeur est responsable de sa mise en place et de son actualisation. Ce document doit être tenu à la disposition des salariés, de l’inspection du travail et du médecin du travail.
Une figure imposée
Dans les faits, il s’agit, pour chacune des phases de travail, de formaliser un diagnostic des risques auxquels le salarié est exposé. Le document précise les actions existantes et à mettre en place pour les gérer. La constitution du document unique repose sur un véritable travail d’analyse des situations de travail et des risques présents dans l’exploitation. Ses spécificités doivent être prises en compte, tout comme les mesures correctives à mettre en œuvre qui peuvent différer d’une exploitation à l’autre. Elles doivent donc être adaptées aux situations de travail pour mieux gérer le risque.
Et comme l’entreprise évolue dans ses pratiques et dans son environnement, le législateur a prévu une obligation minimale de mise à jour annuelle du document.
Un levier de progrès
Au-delà du cadre légal, cet outil évolutif peut être transformé en un véritable outil de prévention. Il peut servir de base à l’information et à la formation des salariés, notamment lors de l’embauche.
La mise en place de bonnes pratiques (postures, méthodes, organisation de travail…) peut être ainsi facilitée dès l’intégration d’un nouveau collaborateur. Les actions de prévention spécifiées dans ce document permettent, en outre, de faire évoluer les pratiques, et ainsi, d’améliorer les conditions de travail. Un sujet auquel les salariés sont de plus en plus sensibles.
L’actualisation annuelle du document peut donner à l’équipe l’occasion d’échanger sur le sujet de la santé et de la sécurité au travail. Elle permet d’ouvrir des perspectives en envisageant les moyens de prévention à mettre en place. L’implication des salariés au cours de la réalisation du document unique peut s’avérer très utile. Pour eux, c’est une bonne façon de s’approprier le sujet. Et, de ce fait, de s’impliquer davantage dans la mise en œuvre des mesures de prévention.
La connaissance des risques présents dans l’exploitation permet au chef d’exploitation de déterminer des priorités d’actions, de management, d’investissement pour améliorer la santé et la sécurité au travail.
Une démarche rentable puisque l’absence d’un salarié a un coût : désorganisation du travail, retards dans les travaux, perte de compétences, difficulté et coût de remplacement, prise en charge du salaire…
Ainsi, en faisant vivre le document unique, les employeurs disposent d’un outil pour attirer et fidéliser leurs salariés. Ils communiquent sur un sujet qui nous concerne tous : la sécurité, et qui conditionne la réussite de l’entreprise.
Didier Le Texier
CER FRANCE Ille-et-Vilaine
Photo : Le document unique répond à une obligation réglementaire. Son élaboration et sa mise à jour offrent l’opportunité de créer une dynamique autour de la prévention des risques et de la sécurité en entreprise.