
La Pologne est entrée dans l’UE en 2004 et a pu bénéficier de subventions européennes pour le développement de son agriculture. Les firmes étrangères présentes dans ce pays ont également apporté leur savoir-faire, d'où le bond en avant réalisé en quelques années. Les commissions volailles de chair de Coopagri Bretagne et CAM 53 ont découvert l'aviculture de chair polonaise, il y a quelques semaines.
Production en hausse
Cinquième producteur de volailles de chair à l’échelle européenne en 2008 (1 297 000 tec derrière la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne), la Pologne est le pays de l’Union européenne où la progression de la production est la plus dynamique (+250% entre 1998 et 2008). Cette production est constituée majoritairement de poulet (76%) et de dinde (21%) et d’une production assez typique d’oies.
Une consommation en progression
La Pologne est le sixième pays consommateur de volailles de chair en Europe (1 018 000 tec). En revanche, il s’agit du cinquième consommateur lorsque l’on raisonne par habitant. Ainsi, la consommation est passée de 21 kg/hab/an en 2004 à 26,7 kg/hab/an en 2008, soit une hausse de 27 % alors que la consommation moyenne en UE est de 23,3 kg/hab/an. La viande de volailles en Pologne prenant progressivement des parts de marché à la viande de porc.
Des élevages compétitifs
La production de volailles de chair se fait en marché libre. Chaque éleveur fait le choix de son fournisseur de poussins ou de dindonneaux, d’aliment et de son débouché en volaille vivante. Les éleveurs sont totalement tributaires des marchés et des prix appliqués par les différents maillons de la filière.
Dans les élevages visités, les niveaux de performances techniques sont à la hauteur de ceux rencontrés en France. En revanche, la tendance, aussi bien en poulet qu’en dinde, est à l’alourdissement des animaux à l’abattage entraînant de meilleures performances du maillon industriel, via une amélioration des rendements en viande. Ceci permet également d’augmenter la production par élevage.
Avantage concurrentiel pour la main-d'oeuvre
Avec des prix de matières premières globalement plus élevés qu’en France, la production de volaille vivante polonaise se situe à des coûts de production supérieurs aux coûts français. Cependant, le coût peu élevé de la main d’œuvre (salaire de base de 450 euros/mois + 30% de charges patronales) entraîne des prix de revient de volailles abattues et transformées, inférieurs aux prix affichés par les industriels français. Aujourd’hui, la Pologne dispose d’un secteur avicole compétitif à l’échelle européenne. Cependant, l’augmentation du niveau de vie polonais pourrait conduire à un rééquilibrage de la compétitivité des filières avicoles européennes.