
Le point sur la conjoncture actuelle ?
Jean-Michel Serres : Ces dernières semaines, l’Allemagne a augmenté son prix tandis que le prix français est resté stable. À cela s’ajoutent les prévisions imminentes de hausse du prix de l’aliment annoncées par les fabricants.
Et qui dit conjoncture, dit bien évidemment distorsion de concurrence. Il y aura donc une brève présentation du dossier réalisé par l’Ifip (Institut du porc) sur les distorsions avec l’Allemagne. Celles-ci sont pour l’essentiel dues aux différences de coût de la main d’oeuvre dans les outils d’abattages et de régime TVA. A elles deux, ces distorsions de concurrence permettent à l’Allemagne de gagner 9 euros supplémentaires par porc.
Quels sont les autres dossiers ?
L’avancée sur le dossier bien-être animal : dans le cadre de la mise aux normes avant le 1er janvier 2013, nous avons obtenu le doublement du plafond d’une aide initialement fixée à 15 000 euros. Le plafond passe en effet à 30 000 euros et va être applicable pour les dossiers déposés en 2010. Mais nous demandons d’autres mesures financières et réglementaires pour que les deux tiers des élevages qui ne sont pas encore aux normes puissent l’être à compter du 1er janvier 2013.
Autre dossier important : celui du marché du porc breton (MPB). Nous voulons mobiliser davantage les éleveurs du Grand-Ouest pour qu’ils apportent un plus grand nombre de porcs au MPB. Et ce afin qu’il y ait plus de concurrence entre les abattoirs. De mars à mai, il y a eu une hausse de 12% du nombre de porcs sur le MPB. Mais le bilan reste mitigé, notamment car Cooperl a décidé de ne pas jouer le jeu. Or nous restons persuadés qu’il faut garder une référence de prix et donc un marché. Et cela passe par la nécessité d’augmenter le poids des éleveurs sur ce marché.
Enfin, il y a le dossier sur la réglementation liée aux installations classées. Une circulaire est sortie la semaine dernière. Elle a été adressée aux préfets et permet de simplifier la procédure « installations classées ». Nous allons en donner la grille de lecture aux représentants des organisations de la filière porcine. Nous allons aussi évoquer les amendements déposés dans le cadre de la LMA (Loi de modernisation agricole). Nous ne demandons pas une baisse des exigences environnementales mais un alignement du seuil français (déclenchant la procédure « installations classées » et entraînant une enquête publique) avec le seuil européen. En France, ce seuil (basé sur la taille des élevages) est 5 fois inférieur au niveau européen. C’est un préalable à la modernisa- tion des élevages. Nous réclamons aussi une accélération du traitement des dossiers « installations classées » au niveau de l’administration.
Photo : Lors du Congrès de la FNP, Jean-Michel Serres devait évoquer les amendements
à la loi de modernisation, notamment celui destiné à aligner le seuil de déclaration « installations classées » au niveau européen.