
En 1987, le projet de constitution de l’AEF était un peu perçu comme le mariage de la carpe et du lapin. Un mariage paritaire redouté, mais fertile, entre un syndicat d’employeurs – la FDSEA – et un syndicat de salariés – la FGA-CFDT –. Après deux ans de gestation, le bébé AEF a vu le jour en 1989. Un bébé devenu aujourd’hui un jeune adulte qui traite plusieurs milliers d’offres et de demandes d’emploi chaque année.
Un outil indispensable
Le projet, depuis imité par d’autres départements, s’appuyait sur la réflexion Cap 2000, menée par la Chambre d’agriculture ; une réflexion qui visait à préparer l’entrée de l’agriculture finistérienne dans le 3e millénaire. « Avec ce constat préalable que le nombre d’agriculteurs diminuait rapidement, mais que le nombre de salariés diminuait deux à trois fois plus vite », se souvient Jean-Claude Philippot qui, avec Fanch Palut, ont été les chevilles ouvrières de « cette alliance contre nature ».
Reste que, l’objectif partagé de défendre et de moderniser l’emploi dans la production agricole a permis de dépasser toutes les barrières idéologiques. « Pierre Bellec, économiste visionnaire de la Chambre d’agriculture, nous avait dit qu’on allait à l’impasse si on ne faisait rien pour le salariat agricole », se rappelle F. Palut qui parle « d’aventure et d’aboutissement rendu possible par une dynamique en groupe restreint ».
Créée dans l’urgence, l’AEF n’a eu de cesse d’asseoir sa notoriété et son efficacité. « En 1990, nous avions enregistré 90 offres d’emploi ; en 2009, nous avons comptabilisé 1 724 offres, après un pic à 2 113 en 2008 », chiffre Gilles Burel, animateur de l’association. Et de citer le nombre de 3 900 candidatures enregistrées l’année dernière.
Valoriser les métiers de la production
Au service des employeurs pour recruter, obtenir les premières informations en droit social, choisir le mode d’embauche le plus approprié, l’AEF est pareillement au service des salariés et demandeurs d’emploi pour trouver du travail, une formation ou un stage.
« L’AEF, dont l’objet principal est de promouvoir l’emploi salarié en agriculture dans les meilleures conditions possibles, mène des actions collectives », note Philippe Martail, président. Et de citer « les campagnes de communication sur les métiers de l’agriculture ; l’observatoire départemental de l’emploi, etc. ».
Bref, l’organisme paritaire remplit pleinement son rôle de promotion de l’emploi de la production agricole qui lui a été dévolu dès son origine. « On est parti de loin », admet Jean-François Prat, secrétaire général.
Didier Le Du
Photo : Vendredi, au lycée de l’Aulne à Châteaulin, l’AEF a fêté « 20 ans d’actions pour l’emploi et la formation ». Philippe Martail, président (à gauche), a donné la parole aux « premiers aventuriers » : Fanch Palut (au micro) et Jean-Claude Philippot.
Le Cesa 29
Parallèlement à l’AEF, un comité d'entreprise des salariés agricoles, le Cesa 29, a été créé il y a 12 ans. Il permet à tous les salariés agricoles, dépendant des conventions collectives polyculture-élevage, Cuma, paysage, ETA et horticulture-pépinière, de pouvoir bénéficier d'avantages sociaux.
« En 2009, 3 500 salariés ont bénéficié de 600 000 € sous forme de bons vacances, bons cadeaux, aides culturelles, etc ». Ce fonds est financé par une cotisation de 0,5% de la masse salariale versée par les entreprises.