
Le paysage agricole français pourrait être redessiné par le réchauffement climatique dans le siècle à venir. C’est ce que montrent les résultats du programme de recherche Climator sur l’impact du changement climatique sur les systèmes agricoles et forestiers. De manière générale, à l’échelle de la France, toutes les espèces étudiées (grandes cultures, vigne, forêt, prairies) devraient pouvoir continuer à être cultivées, selon le scénario moyen du Giec (+1,6°C en 2050, +3°C en 2100). Avec la variété génétique actuelle – et à venir –, il sera possible d’adapter les cultures. Par contre, c’est à l’échelle régionale que risquent de se faire sentir des changements importants. Il deviendra par exemple difficile de continuer à produire du maïs dans le Sud-Ouest mais cette culture pourra se développer plus au Nord.
Cycle raccourci
Entre la baisse des précipitations (surtout sur l’Ouest de la France) et la hausse des températures qui favorise la transpiration des plantes, les chercheurs prévoient que le bilan hydrique va se creuser de plus en plus ces prochaines décennies. La hausse des températures va également accélérer le cycle des cultures avec des conséquences sur la précocité des stades de développement des plantes. Les cultures de printemps pourraient connaître un fort raccourcissement de la période de remplissage des grains.
Les rendements de blé d’hiver devraient, au final, connaître une légère hausse, surtout dans l’Est de la France. En effet la dégradation du remplissage du grain serait compensée par l’augmentation du nombre de grains
au m2.
Photo : La culture du maïs grain deviendrait difficile dans le Sud-ouest et remonterait vers le Nord.
De la vigne en Bretagne
Comme pour le maïs, de nouvelles zones de cultures pourraient être libérées. « Du point de vue climatique, Colmar, Versailles ou Rennes pourront envisager la culture du merlot (cépage surtout planté dans le Bordelais) sans plus de risque qu’à Bordeaux dans la période actuelle », soulignent les chercheurs dans leur rapport.