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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°10829 |
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Comité régional porcin / Manque de lisibilité - La filière préoccupée pour son avenir
 

Fortuné Le Calvé, président du Comité régional porcin, explique que « pour travailler sereinement, à coût d’aliment constant, il faudrait un prix cadran moyen en 2010 de 1,25 euro ». Ce qui  voudrait dire un  cours de 1,45 euro cet été. Ce n’est pas gagné dans la mesure où ces dernières semaines, le cadran a peiné pour maintenir le prix, se décrochant même de la concurrence allemande ou espagnole. Certains fournisseurs annoncent aussi des hausses du prix de l’aliment.


Le ton monte


En crise depuis bientôt 3 ans, la filière porcine peine donc  à retrouver de la sérénité. Certes la situation est meilleure, avec des coûts de production inférieurs à la période de flambée des matières premières, mais le cours ne parvient pas à atteindre ce niveau  permettant aux éleveurs de refaire leur trésorerie et d’engager la modernisation indispensable et obligatoire  (normes bien-être) des outils. Il n’oublie pas que « très rapidement, les éleveurs vont être confrontés aux remboursements d’encours contractés pendant la crise ». Le président a d’ailleurs souhaité alerter les représentants de l’Etat sur la nécessité d’aménager le calendrier de mise aux normes bien-être.
Sujet désormais récurrent dans les discussions de la filière, les distorsions de concurrences. L’Allemagne est dans le collimateur. Les différents acteurs d’amont et d’aval travaillent sur ce dossier. Fortuné Le Calvé et Michel Bloc’h sont sur la même longueur d’ondes. « Il faut changer de braquet », pour le premier « Il faut durcir le ton », pour le second. Les éleveurs pourraient être rapidement sollicités pour passer à l’action. Des recours juridiques ne sont pas exclus. Le combat risque cependant d’être compliqué, car les responsables n’ignorent pas que dans le contexte des relations tendues entre les deux pays, d’autres éléments stratégiques pourraient parasiter les négociations à Bruxelles.


Des règles claires


Cependant la filière porcine ne met pas tous les maux sur le dos de la concurrence allemande. Les politiques français et l’administration en « prend aussi pour son grade ». « C’est la rue qui gouverne sous la pression des environnementalistes», martèle Nathalie Marchand, responsable porc à la FRSEA. Elle ne réfute pas l’application des textes et des réglementations, mais exige que les dossiers conformes ne subissent pas l’obstruction systématique. En réclamant en outre des règles claires et précises qui ne donnent pas lieu à interprétations. Pas sûr que cela suffise. Michel Bloc’h cite l’exemple du département de la Manche ou « tous les dossiers se retrouvent devant le Tribunal administratif et sont régulièrement rejetés au nom du principe de précaution ».
En cause également, les délais d’instruction qui font traîner les dossiers pendant 2, 3 ou 4 ans. Un véritable casse-tête dans la mesure où un  dossier est amené à évoluer au fil des réglementations qui changent constamment. Louis Biannic, directeur de la Draaf a souligné que le préfet de Région s’était engagé à tout mettre en œuvre pour revenir à des délais plus raisonnable, maximum 1 an.  Premier signe, la tenue de 2 Coderst (Conseil département de l’environnement) par mois en Côtes d’Armor.
Conclusion du président du CRP : « Il nous fait tout mettre en œuvre pour « : conserver le potentiel de production, régler le problème des distorsions, donner de la respiration administrative pour moderniser le parc bâtiments, conforter le MPB et Uniporc, ne pas laisser la seule expression aux seuls anti-viandes ». Ce ne sont donc pas  les sujets qui manquent pour les prochains mois.

Pierre Dénès


 


Photo : Louis Biannic directeur de la Draaf, entre Fortuné Le Calvé (à droite) et Michel Bloch (à gauche) a répondu à quelques interrogations sur les délais d’instructions des dossiers “installations classées”.

 


 






 


Être productif et compétitif


Pour Vincent Chatelier, invité des assemblées générales du CRP et de l’Arip, plusieurs facteurs vont influer sur l’avenir de la filière bretonne. En sachant que « Il faut d’abord être productif et compétitif, sinon on n’existe plus ». Selon lui toute erreur de casting est durement payé.
Les raisons d’y croire :  Une croissance de la demande mondiale, pas ou peu d’importations de viande porcine des pays tiers, des entreprises européennes innovantes et qui se concentrent, une filière organisée et un niveau élevé de traçabilité, un savoir-faire technique et des progrès dans la relation à  l’environnement.
Mais aussi des défis à relever : Continuer de concilier compétitivité économique et environnement, une harmonisation des règles européennes, un partage de la valeur ajoutée au travers d’une forme de contractualisation, une régulation de l’offre et des outils de gestion des risques, le retour à l’investissement (nouveaux bâtiments, nouveaux concepts) pour plus de compétitivité, redonner de l’envie à de nouveaux éleveurs …



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Juin au 1 Juillet 2010
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