
Elle est diverse et variée, l'agriculture française, et c'est ce qui fait son charme. Chez Julien Scolan, elle prend la forme d'une structure de maraîchage de 3,5 ha (dont 2,7 cultivables), avec pour débouché exclusif la vente directe. La production est biologique. "Je ne suis pas posé la question de produire autrement", explique celui qui n'était pas, à l'origine, du milieu agricole, comme de plus en plus de jeunes agriculteurs. Après une formation en maraîchage à Saint-Ilan (22) en 2004 – 2005, son parcours à l'installation et un Contrat de pré installation (CPI) l'ont conduit à son installation, à Hillion, en février 2008. Pas vraiment un parcours sans embûche mais de quoi tester la motivation du jeune homme, qui n'en manque pas.
Rapide essor
Lui restait à faire ses preuves. "J'ai commencé par mettre en place des cultures peu diversifiées, afin de pouvoir vendre en gros et semi gros et de préparer la suite du développement de ma structure. Pour les lieux de vente, j'ai contacté des magasins, mais on m'a contacté aussi, poursuit Julien. La demande est là." Ce n'est que dans un second temps, une fois la structure mieux assise, que le producteur s'est tourné vers la vente directe, sous forme de paniers de légumes. Objectif : proposer un panel de légumes diversifié et de saison, chaque semaine, à des consommateurs locaux. "J'ai commencé en décembre. Aujourd'hui, je commercialise environ une centaine de paniers / semaine." Les paniers sont vendus dans trois lieux (un bar de Saint-Brieuc, une exploitation de Boquého et chez un particulier à Binic) et Julien est aussi présent sur un marché de la périphérie de Saint-Brieuc. Au total, ses points de vente sont distants d'au maximum 35 km de l'exploitation.
Deux métiers en un
Entre la production et la commercialisation, les semaines sont plutôt chargées. Le jeune installé a créé un emploi pour faire face à la charge de travail. "En deux ans, j'ai déjà accumulé pas mal d'apprentissages, je réajuste en permanence ma façon de faire." Actuellement, ses 3,5 ha ne sont pas utilisés dans leur totalité. Mais l'intéressé n'en voit pas l'intérêt. "Mon objectif est d'aller jusqu'à 140 paniers / semaines. Et puis de souffler un peu… Mais déjà, je peux me dire que je nourris une centaine de famille par semaine en légumes. C'est déjà pas mal, non ?" glisse-t-il avec fierté.
Anne-Laure Lussou
Photo : Lors de la distribution des paniers, le mercredi, au bar Le Soupson à Saint-Brieuc. Katell Le Roux et sa famille cherchaient à acheter selon cette formule depuis quelques temps. Satisfaction de mise.
Environ une trentaine de légumes
Julien produit une gamme d'une trentaine de légumes différents, afin d'offrir une gamme diversifiée. Ils sont produits pour partie en plein champ, sous ses 3 tunnels de 460 m2 et sa serre. Chaque semaine, le producteur compose des paniers à 10 ou 15 euros, en fonction des commandes des clients. Il leur envoie par mail la composition des paniers ainsi qu'une idée de recette. À Saint-Brieuc, le règlement s'effectue une fois par mois, le dernier mercredi. À Boquého, Julien a intégré une Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) déjà existante, ce qui implique que les consommateurs ont donné leur règlement, pour les 12 mois, dès le début de la saison. Les chèques ne sont, ensuite, débités, que tous les mois. À tour de rôle, les adhérents sont bénévoles pour la distribution des produits (viande de veau, œufs, légumes). "L'intérêt de ce système est que je suis vraiment assuré de mon débouché pour l'année", explique Julien, qui sensibilise actuellement ses clients de Saint-Brieuc pour, si possible, y créer aussi une Amap.