Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Évolution de l'agriculture : Le salarié agricole est incontournable
 

Pas d'identité sans travail. Dans la société moderne, l'identité de l'individu est d'abord professionnelle et non plus territoriale, comme auparavant. « Nous sommes avocats, infirmiers ou employés de banque avant d'être Bretons, Basques ou Alsaciens », dit Ali Aït Abdelmalek, sociologue à l'Université de Rennes 2. Bien plus facile pour un immigré de devenir Français. Très difficile pour un chômeur d'avoir une identité sociale, du moins positive. Dans un monde où l'élite détient les moyens financiers, le carnet d'adresse et les diplômes, le secteur agricole a du mal à soigner son image, empêtré dans ses problèmes de rupture culturelle.


Ruptures


La population agricole ne représente plus que 4% de la population active. « Dans une société pyramidale, telle que la nôtre, les catégories socio-professionnelles à faible effectifs bénéficient d'une bonne image ». Pourquoi pas les acteurs agricoles, dont le nombre ne cesse de diminuer ? « En raison d'une demande paradoxale de la société. Le monde agricole devrait produire beaucoup en laissant la campagne à l'état naturel. Demande impossible à satisfaire. De plus, leur faible rémunération n'est pas en rapport avec la quantité de travail accomplie ». Rédhibitoire, de nos jours, pour avoir une image valorisante. La rupture du lien entre agriculture et alimentation est également préjudiciable. « Le consommateur mange des aliments qu'il ne connaît pas. La notion de qualité lui paraît floue ». La logique de production hors-sol a brouillé la notion de terroir. « La production bretonne dépend de ses ports ».


Erreurs idéologiques


Impossible d'attirer de la main-d'œuvre dans ces conditions ? Le salariat peut être une solution, selon le chercheur, à condition de ne pas commettre d'erreurs. Notamment dans les relations entre employeurs et salariés. « L'employeur ne doit pas estimer que l'embauche est une sorte de cadeau fait à l'employé. Ces derniers ne doivent pas penser que tout ce qu'ils obtiennent est le fruit d'une revendication ou d'une lutte ». Ces erreurs idéologiques ou politiques empêchent les négociations dans l'intérêt général. La communication est importante pour créer un lien social. « Tout ce qui lie les acteurs doit être écrit et pas seulement oral. En cas de conflit, il est toujours possible de revenir à ce qui a été écrit, et s'y référer ». Selon l'universitaire, ces normes de fonctionnement, préalablement construites ensemble, apportent un confort dans le travail et permettent de sanctionner de manière positive ou négative. « Chez moi, les consignes sont écrites tous les matins », indique Guy Le Bouter, producteur de porcs à Sarzeau. « Globalement, je laisse le salarié sur le poste de travail qui le motive  et où il est le meilleur ». Une manière de satisfaire le besoin d'autonomie de l'employé. La logique économique n'est pas antinomique de la logique sociale. Le sociologue reprend : « Le droit chez l'un renvoi au devoir de l'autre et réciproquement ». La formation adaptée à la réalité des besoins, technique mais aussi générale, doit inculquer un savoir-faire et un savoir-être. « A condition que les formations soient courtes et efficaces », note Gérard Ropert, chef d'une entreprise paysagiste de 47 salariés à Ploeren, prenant en exemple les formations à l'utilisation des produits phytosanitaires dispensées à Kerguehennec. « Je souhaiterais former 15 salariés. La formation dure 4 jours. Au total, c'est un trop gros investissement ».
Des salariés compétents et motivés chez des employeurs ouverts. Une sorte d'idéal qui peut contribuer à améliorer l'image des professions agricoles. Il faudra néanmoins lever  tous les préjugés de groupe social ou individuels. Et la rémunération des uns et des autres constitue toujours, au final, le principal levier pour attirer de la main-d'œuvre dans un secteur donné.

Bernard Laurent



Tendances sur le marché de l'emploi en 2009

Le niveau des offres est au plus bas depuis 5 ans. Les difficultés économiques sont venues perturber l'offre d'emplois agricoles. Le niveau des demandes est au plus haut depuis 4 ans. Il devient difficile de trouver un emploi de proximité, le plus souvent recherché. Cependant, le niveau des placements reste bon, égal à 2007 et 2008 (82% des offres ont été satisfaites dont 52% par l'AEF). Le nombre élevé d'offres en apprentissage traduit une bonne sensibilité des agriculteurs à la transmission des savoirs.



Zoom sur le salariat agricole en Morbihan

•4438 salariés (équivalent temps plein) pour 2500 employeurs
•46% de moins de 35 ans
•29% de femmes
•67% en CDI
•2000 exploitations adhérentes au Sérémor
•100 salariés au Sérémor
•31 groupements locaux d'employeurs
•53 exploitations adhérentes à Solutis (groupement
d'employeurs départemental) avec 23 salariés




Légende photo : Après les assemblées générales de l'AEF, du Sérémor et de Solutis le matin du 8 juin, l'après midi a été consacré à des échanges sur la problématique de l'emploi en agriculture.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 23 Juin 2010
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La révolution rurale des années 60





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