
Installé en décembre 2007 avec sa mère, Martine, Cédric Féat, 27 ans, a rapidement fait le grand saut. Douze mois après son arrivée sur l’exploitation familiale, un nouveau bâtiment laitier a été mis en service. Montant de l’investissement : 975 euros/1 000 litres.
« Au début de la réflexion qui englobait la mise aux normes, nous pensions garder l’ancienne salle de traite. Puis progressivement, nous sommes passés à l’idée de construire un bâtiment neuf avec robot», explique Cédric. « Le robot permettait entre autres d’économiser de la surface de bâtiment. Il permettait surtout d’envisager de bonnes conditions de travail quand sonnera l’heure du départ à la retraite pour ma mère ».
Affouragement à l’auge
Aujourd’hui, les 55 vaches laitières sont logées dans un bâtiment de 68 places lumineux, aéré et fonctionnel. «Nous avons choisi un système de logettes avec tapis en caoutchouc de 32 mm renfermant une mousse de polyuréthane. Un racleur léger assure l’évacuation des déjections, jusqu’à 5 fois par jour en période de stabulation intégrale », note l’éleveur. Et de signaler la présence d’un caniveau transversal de lisier flottant en pignon de stabulation pour convoyer perpendiculairement le lisier vers la fosse. « Jusqu’à présent, ça fonctionne bien. Le risque c’est le blocage en période de fort gel ». Risque mineur, même aux portes des Monts d’Arrée…
Hormis un parcours de 3 ha jouxtant la stabulation, les vaches ne vont pas en pâture. « Le parcellaire éclaté, traversé par des routes, obligeait à être deux pour sortir et rentrer les vaches », indique l’éleveur qui a choisi de s’équiper d’une remorque faucheuse auto-chargeuse. « Globalement, on peut dire que le temps passé à récolter correspond au temps que l’on mettait à chercher les vaches et à les ramener au champ (3/4 heure à 1 heure par jour)», relativise l’éleveur qui espère une amélioration du rendement fourrager grâce à la fauche.
« A cette période de l’année, la ration est constituée de 85 % d’herbe et 15 % de maïs », calibre Cédric Féat. Et de comparer la production du mois d’avril 2009 (pas d’apport en vert) et d’avril 2010 : « La production mensuelle est supérieure de 3 500 litres cette année. La consommation de soja a été de 2,5 kg/VL au lieu de 3,5 kg en 2009 ». Mi-juin, la production atteignait les 28 kg de lait/jour (2,5 traites). « Le taux d’occupation de la stalle de traite est de 62 %, ce qui laisse de la marge pour atteindre le taux limite de 80 % », précise Mickaël L'Eleouet, concessionnaire Delaval.
En quête d’économie d’énergie
L’économie d’énergie a été au cœur de la conception de ce bâtiment. Un chauffe-eau solaire de 500 litres, alimenté par 6 m2 de panneaux fixés sur le versant sud de la toiture, assure 50 % de la production d’eau chaude. « Ce chauffe-eau est couplé à un ballon électrique », montre l’éleveur qui parle d’une consommation quotidienne de 80 litres d’eau chaude par le robot.
Depuis mars dernier, un prérefroidisseur à plaques a été installé en amont du tank à lait. « Après déduction des subventions du GIE lait-viande de Bretagne, il nous est resté 2 000 euros à charge. L’objectif est de réduire la consommation électrique du groupe frigorifique de 50% », compte Cédric Féat qui évalue à 3 m3/jour le volume d’eau réchauffée à 17 °C et destinée à la consommation des vaches. Enfin, à noter le variateur électronique installé sur la pompe à lait. Coût de cet équipement qui permet d’économiser de l’énergie : 2 000 euros après déduction de la subvention de 45 %.
Didier Le Du
Photo : Mickaël L'Eleouet, concessionnaire Delaval à Morlaix, et Cédric Féat, éléveur au Cloître-Saint-Thégonnec.
Qualité du lait préservée
« Les leucocytes n’ont pas augmenté ». Cédric Féat se veut rassurant quant aux effets du robot sur le comptage cellulaire. « Le robot apporte de la souplesse dans le travail. Il n’exclut pas d’être très présent. Il faut être animalier. Il faut suivre la conductivité du lait et réagir rapidement quand elle augmente ».
« Le système Delaval nettoie par turbulence air + eau, suivi d’une extraction des premiers jets et d’un séchage. Pour les vaches douteuses, on peut programmer un double lavage et une double extraction », complète Mickaël L'Eleouet. « Cette double intervention contribue à faire baisser de 30 à 40 000 cellules » .