
Les risques sanitaires ne sont jamais totalement écartés. Le GDS définit son rôle dans une démarche d’anticipation s’appuyant sur des exemples survenus au cours de la dernière décennie et qui ont eu des conséquences économiques graves. Gérard Argenté, vétérinaire, cite la fièvre aphteuse en 2001 qui, avec un seul foyer en Mayenne, a bloqué les marchés sur la totalité du territoire français ou encore l’influenza aviaire en 2006 qui a bloqué les exportations vers les pays tiers pendant 6 mois.
Veille permanente
Des expériences mises à profit pour appréhender des maladies ré-émergentes qui pourraient elles aussi avoir des répercussions graves pour les éleveurs. « La tuberculose bovine est un exemple d’actualité. Car, si dans le département aucun cas n’a été recensé depuis 20 ans, il y a eu en 2008 et 2009 des foyers dans les départements voisins. Deux cheptels ont été abattus en totalité dans le Morbihan et un autre dans le Finistère avec une reprise de la tuberculination ». Gérard Argenté rajoute qu’une tuberculination sur l’ensemble des bovins dans les Côtes d’Armor, entraînerait un coût supérieur au million d’euros.
Pour le GDS, cela justifie largement la veille sanitaire permanente qu’il réalise avec les partenaires (DDPP, vétérinaires et abattoirs), au travers de la traçabilité ou encore par une meilleure connaissance des risques sanitaires de la faune sauvage.
Autre exemple d’action, la lutte contre la BVD. L’action collective a permis sur la dernière décennie d’améliorer notoirement la situation. « La BVD est maîtrisée dans plus de 4 élevages sur 5, soit 2,5 fois mieux qu’il y a 8 ans. Mais le risque existe toujours puisquerécemment des cas ont été détectés sur deux communes ». 10 bovins sont morts après avoir présenté les signes cliniques. Ce qui a conduit le GDS a renforcer la prophylaxie dans le village concerné. Egalement visé pour 2010, le renforcement de la garantie dans les transactions.
D’autres maladies comme la paratuberculose, dont il est parfois évoqué le lien avec la maladie de Crohn chez l’homme ou encore la transmission humaine de la Fièvre Q focalisent aussi l’attention des GDS bretons. Pour la paratuberculose, une nouvelle stratégie de qualification des cheptels vendeurs de reproducteurs va être mise ne place, et la vaccination des jeunes veaux est envisagée.
L’impact économique des mammites
Autre priorité, la lutte contre les maladies économiquement sensibles, au premier rang desquels les pertes liées aux problèmes de leucocytes et mammites. « La tendance est à la dégradation au cours des dernières années . 52% des éleveurs du département ont été pénalisés pour taux leucocytaires élevés en août 2009 et les pénalités leucocytaires ont représenté 2,5 millions d’€ sur l’année . Preuve qu’il s’agit donc bien d’un problème collectif avec un impact économique fort ». Il précise qu’à titre de comparaison, les pénalités leucocytaires par élevage laitier (660€ en moyenne), c’est plus que la cotisation annuelle au GDS et ceci sans compter les coûts annexes tels que les frais vétérinaires, le lait écarté du tank, etc.
La stratégie du GDS reste l’accompagnement individuel dans les élevages à problèmes, 250 assistances à la traite et 350 visites de suivi en 2009. Mais cela passe aussi par de la formation. « Relancé début 2010 en partenariat avec BCLO, la CA et les laiteries, les objectifs sont de donner des solutions pour réduire les pertes liées aux mammites et leucocytes ».
Pierre Dénès
Photo : Louis Blandel, président de la FGDS et Patrick le Provost directeur.
La FCO
- Sur le département, 34 suspicions de FCO en 2009, dont 31 sur des bovins et 3 sur des ovins, mais pas de cas confirmés. 95 % des animaux ont été vaccinés sur la campagne 2009.
- La campagne de vaccination reste obligatoire 2010. Elle est en cours. Le vaccin et l’acte de vaccination sont pris en charge par l’Etat jusqu’au 30 juin 2010. Pour 2011, il n’y a pour le moment pas d’information sur le déroulement ni la prise en charge de la vaccination.
La sélection au service du sanitaire
Au cours de l’assemblée, Jean-Pierre Mourocq, président de Créavia, Laurent Journaux responsables du service génétique de l’UNCEIA et Gilles Delaporte, directeur des services aux adhérents ont fait le point sur « Génomique et santé animale ». C’est de toute évidence un nouveau monde avec une accélération de la sélection. Le sanitaire est concerné dans la mesure ou dans la sélection les caractères liés à certaines pathologies ou sensibilité à des maladies (mammites), les résistances vont pouvoir être mieux connues. Des perspectives intéressantes, même s’il faudra hiérarchiser les besoins.