Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°10816 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Côtes d'Armor (22)
Journée laitière de la Confédération Paysanne / Le Danemark n’est pas le bon exemple
 

L’Europe laitière est à un tournant. Il est évident qu’avec la baisse des soutiens et la fin annoncée des quotas, le paysage laitier européen pourrait changer. Il est d’ores et déjà très divers, car depuis la mise en place des quotas en 1983, les politiques menées dans les différents états membres ont été différentes. Sans oublier les pays issus de l’élargissement.


Fortement endetté


André Pflimlin, ancien expert laitier à l’Institut de l’élevage l’expliquait, lors de la journée laitière de la Confédération Paysanne le jeudi 27 mai à Plérin. « La restructuration s’est accélérée partout en Europe, sauf en France ». Et même si le quota moyen français est passé en 10 ans de 230 000  aux environs des 300 000, au Danemark, le bon a été vertigineux en passant de 300 000 à plus de 900 000. Un exemple ? Pas vraiment si l’on en croit l’expert qui décrit le Danemark comme le prototype du modèle libéral, mais aujourd’hui en faillite. « Après une restructuration vertigineuse, les éleveurs danois sont fortement endettés par des prêts à très long terme  et renouvelables ». La crise financière pousserait les banques à  demander des remboursements rapides en provoquant des faillites. Le modèle danois est donc fragilisé. De quoi faire s’interroger ceux qui le montraient comme l’exemple à suivre.
Un pays comme l’Irlande est sur un tout autre modèle, intensif mais à partir des prairies. Ils ont de fait des coûts bas, mais aussi des prix bas car la valorisation est essentiellement sur du beurre/poudre.
Les Pays–Bas sont aussi sur la base d’une production intensive. Son industrie d’amont et d’aval est très concentrée. Elle peut profiter de sa densité, qui la rend également vulnérable, car la société veille sur les aspects qualité de l’eau, bien-être…
L’Allemagne apparaît plus contrastée. Des petits élevages en Bavière, « 60 %  ont  moins de 25 VL », des troupeaux  moyens au Nord, entre 60 et 100 vaches, et à l’Est des grands troupeaux « 2000 troupeaux à plus de 300 vaches ». Des dispositions sur la transmission (droit d’aînesse) dans  le Nord donneraient un avantage en période de crise, car les charges sont moins lourdes.


Au point bas


Face à ces partenaires, à la fois concurrents, comment se comportent les producteurs bretons ? Laurent Marc, responsable du service Etudes au CER 22 a rappelé quelques chiffres. « Nous sommes au  point bas avec un prix moyen sur 12 mois qui se situe à 274 euros/1000 litres, alors que le point d’équilibre se situe à 315 euros ». La ferme laitière bretonne a cumulé un prix du lait bas, des cours bas pour les veaux et les vaches de réforme, et un effondrement du prix des céréales. Mais, on assiste aussi à une flambée des coûts de production, 252 euros/1000 litres en 1999, 274 euros en 2007, 284 euros en 2008 et 315 euros en 2009. Sur 2010 la tendance s’inverserait un peu, et l’on devrait revenir aux alentours de 290 euros.
Pour autant Laurent Marc ne juge pas le taux d’endettement moyen, 57 %, catastrophique. Même si en 2010, il constate plus d’emprunts que d’investissements. « Ce ne sont aussi que des moyennes qui cachent évidemment de gros écarts  ».  De fait, cela masque des situations alarmantes sur le terrain. L’espoir est évidemment dans le redressement des marchés laitiers avec un retour rapide vers les éleveurs.

Pierre Dénès


 


Photo : Rémi Le Mézec et Jean-Marc Thomas, responsables lait de la CP 22 et Laurent Marc, chef du service études du CER








“Il est encore temps de demander de la régulation”


Le Responsable national lait de la Confédération Paysanne reconnaît que les actions conduites sur l’année passée n’ont sans doute pas donné les résultats escomptés. « Nous avons permis  la remise en route de la régulation des marchés à défaut de la régulation de la production ». Pour autant, il ne désarme pas. « Nous défendons toujours la maîtrise au niveau de l’Union européenne. Et il est encore temps de demander de la régulation de la production».
Les fondamentaux du Traité de Rome qui définissaient les priorités de la Pac ont selon lui, été oubliés : « accroître la productivité de l'agriculture en développant le progrès technique et en assurant une utilisation optimale des facteurs de production, notamment de la main-d'oeuvre; assurer un niveau de vie équitable à la population agricole; stabiliser les marchés; garantir la sécurité des approvisionnements; assurer des prix raisonnables aux consommateurs ». 
Le syndicat reste fidèle à ses convictions : « Désintensification pour régler les problèmes environnementaux, plan protéines pour plus d’autonomie, répartition de la production sur le territoire, refus de la contractualisation, priorité aux actifs et à l’emploi».



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 18 au 23 Juin 2010
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12812 depuis 1997)