
Une année 2009 qualifiée par le président de la coopérative des éleveurs bretons (CEB), Philippe Saliou « d’une année d’un espoir de reprise non concrétisé ». Il est évident que la filière porcine attendait mieux de cette année 2009, après déjà 2 années de crise caractérisées par des prix bas et des coûts de production élevés, une demande en berne. « Nous sommes le maillon faible de la filière porcine. Car tous les acteurs agissent afin de préserver leurs marges ». A cela s’ajoutent les distorsions de concurrences qui pénalisent l’ensemble des acteurs de la filière.
Des éleveurs fragilisés, mais qui restent attachés à leur structure en phase de redressement. Certes la coopérative n’est pas réellement en danger, compte tenu de ses fonds propres, mais elle doit depuis 2 ou 3 ans mobiliser toute son énergie pour retrouver l’équilibre financier. Déjà en 2009, elle a réussi à limiter l’hémorragie. Elle entend poursuivre les efforts indispensables à un retour à plus de sérénité.
Garde un pouvoir de proximité
Parmi les évolutions amorcées au cours de l’année 2009, le rapprochement avec Coopagri Bretagne pour un partenariat technique et commercial. Il s’agit d’optimiser certains services et de mettre en commun des moyens logistiques. Philippe Saliou cite « le ramassage de coches, ainsi que le transport de charcutier via Kermené ».
Ce partenariat a été voulu et approuvé lors de l’assemblée générale 2009, tout en préservant la proximité avec les adhérents, le pouvoir de décision pour le conseil d’administration et l’assemblée générale. La coopérative entend en effet préserver son caractère atypique et retrouver l’équilibre financier pour assurer les adhérents du maximum de services, ceci au travers de son action propre et des différents accords de partenariat, qu’il s’agisse des plus récents avec Coopagri ou des plus anciens au sein de Porc Alliance.
Le président Philippe Saliou avait annoncé qu’il souhaitait passé le relais, mais compte tenu du contexte particulier, il a accepté de poursuivre encore quelques mois. Il a conclu son rapport d’orientation : « D’ici la fin de cette année, je souhaite passer la gouvernance à un jeune, tout en lui faisant profiter de l’expérience commune qui est la notre ».
Pierre Dénès
Photo : Philippe Saliou, président de la CEB
Durcir l’action contre les distorsions de concurrence
Intervenant lors de l’assemblée générale, Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements, s’est longuement attardé sur les distorsions de concurrence. « La croissance actuelle de l’Allemagne dépasse la seule volonté des éleveurs et de la filière ». Autrement dits, les distorsions sociales, environnementales, administratives donnent un avantage qui va au-delà des performances techniques des éleveurs ou de la compétitivité des outils d’abattage. Les deux bassins ne jouent plus à armes égales. « Comme du temps des MCM », insiste Michel Bloc’h.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes sur la migration du porc vers l’Est : en Allemagne entre 2000 et 2009 + 12 % d’importation de porcelets, + 24 % d’importations de porcs charcutiers, + 31 % d’abattage. En cause, notamment les coûts salariaux, dans les outils d’abattage. UGPVB, CRP et syndicats des abatteurs ont déjà alerté les politiques. Mais à défaut de réponses concrètes le ton pourrait se durcir.