En 2009, la fabrication bretonne d'aliments a chuté à 8,58 millions de t. soit moins 5,6 % par rapport à 2008. "Avec 41 % des volumes français, la Bretagne maintient sa position de leader. La densité des élevages permet d'avoir des sites d'une capacité moyenne de 200 à 220 000 t, soit 2 à 3 fois plus que la moyenne française", précise Hervé Vasseur, président de l'Afab.
Impact de la FAF et des mises aux normes
La production porcine absorbe la moitié des fabrications (4,23 millions de t.), en baisse de 4,1 % par rapport à 2008. "Avec la crise, l'effectif de reproducteurs a diminué, mais l'augmentation de la productivité compense la baisse des effectifs. La progression de la FAF (fabrication à la ferme) a également un impact important sur les volumes".
L'aliment volaille (3,18 millions de t.) est également en baisse de 3,6 %, avec une situation différente en poulet (+2,2%) ou en dinde (-9,6 %). Les mises aux normes bien-être des pondeuses ont provoqué une baisse des effectifs et des consommations d'aliment (-3,45 %).
En aliment bovin, la baisse est très sensible (–16,5 %). "C'est un retour à la normale, après une année 2008 exceptionnelle, où les volumes de lait avaient beaucoup progressé", estime le président. La France est en sous-réalisation de lait, alors que l'aliment est un outil important à la disposition des éleveurs, pour ajuster leur production.
Utiliser plus de graisses
Les chantiers ne manquent pas. Malgré diverses annonces, le dossier des camions 44 t avance lentement. L'Afab demande que cette possibilité soit étendue aux produits pré-acheminés par les gares, dans un rayon de 150 km, pour que tous les fabricants y aient accès. La possibilité d'utiliser des 44 t pour les livraisons en élevage permettrait d'améliorer de 10 %, le tonnage par camion et de baisser le coût de 2 euros/t. Les fabricants d'aliment plaident également pour un meilleur transit rail-route, avec la mise en place ou l'amélioration de 3 plateformes collectives (Montauban, Lorient et Vitré).
Pour maintenir la compétitivité de l'élevage français, le travail sur les graisses animales devient un enjeu crucial. "La France est le seul pays européen à n'autoriser que l'emploi partiel de graisse". Sur 362 000 t produites, nous n'en utilisons que 170 000 t. Le reste est exporté sur l'Espagne qui l'utilise en nutrition animale et nous concurrence ensuite en exportant des viandes vers la France. "Aujourd'hui, on pourrait utiliser ces graisses, mais, on ne le fait pas, à cause de la pression des distributeurs", déclare le président. "Nous demandons le respect des règles européennes, sans contraintes supplémentaires au niveau français".
Patrick Bégos