
S'étalant sur 7 ans, les rotations constituent le pilier technique sur lequel Jean-Louis Le Roch, basé à Ménéac, appuie ses productions légumières. "La difficulté majeure, c'est le salissement des parcelles", évoque l'agriculteur qui témoignait lors des journées "filières et techniques" organisées par Inter Bio Bretagne. En bio depuis 1996, Jean-Louis Le Roch s'est davantage orienté vers les légumes il y a 8 ans. Aujourd'hui, 24 ha de sa SAU leur sont dédiés, dont 3 ha de choux (blancs, rouges et frisés), 10,6 ha de petits pois, 5 ha de haricots verts, 20 ares de carottes (première année). Des plants de pommes de terre sont cultivés sur 9,80 ha, avec les gros calibres vendus en consommation.
Des références techniques propres à l'exploitation
Egalement producteur de Charolaises et d'autres cultures, Jean-Louis Le Roch parvient à une grande diversité végétale sur ses rotations : pâturages, mélanges prairies, légumes, céréales et légumineuses. "Sans les pâtures et les légumineuses, il serait impossible de maîtriser les adventices", précise-t-il.
Au fil du temps et de ses observations, l'agriculteur s'est bâti ses propres références techniques, adaptées à son système d'exploitation et à son terroir. "Je mets par exemple du blé noir après les petits pois. L'orge de printemps convient bien après les choux". Avec une houe rotative, deux bineuses et une herse étrille, il est bien équipé pour le désherbage mécanique. Il utilise aussi une désherbeuse thermique.
En pomme de terre et d'autant plus en bio, le mildiou représente un autre problème d'envergure. "Des variétés résistantes sont développées au sein de l'association Aval Douar Beo". L'agriculteur est également vigilant sur les semences qu'il récupère, en fonction de la météo. Quelques produits agréés bio sont utilisés sur la ferme (bouillie bordelaise, huile de colza…), et aussi des auxiliaires. Des fumiers de volailles (d'un autre producteur bio) fertilisent les cultures, sauf la pomme de terre. Le fumier des bovins est mis sur pâtures.
Diversité des circuits de vente
Ces rotations bigarrées amènent le producteur à des modes de commercialisation tout autant variés. "Les rotations doivent être valorisées au maximum". Les choux passent par l'APFLBB (Association des Producteurs de Fruits et Légumes Biologiques de Bretagne) et les pommes de terre par Douar Den, société qui rassemble des producteurs, trois expéditeurs et un transformateur. Jean-Louis Le Roch commercialise aussi ses légumes via la SARL de négoce Bio Porhoët qui rassemble quatre producteurs.
Sous contrats, les légumes industrie sont orientés vers la Cecab/UFM, et la luzerne vers divers élevages. La viande est commercialisée par Bretagne Viande Bio. Le producteur vend également des céréales en "Blé noir tradition Bretagne" et à Grillon d'Or à Domagné. Un petit créneau existe pour l'orge brassicole : "De la Terre à la bière". "C'est important de s'investir dans des associations de producteurs pour maîtriser ses prix et ne pas laisser les autres maillons prendre la main", évoque Jean-Louis Le Roch.
Autre paramètre essentiel, la gestion du travail est maîtrisée sur la ferme. "Les activités se complètent". L'agriculteur s'accorde du temps pour s'informer, regarder ses sols, suivre les chantiers de récolte… Il a même acheté une moissonneuse pour optimiser la qualité des céréales. Aux yeux du producteur, des marges de progrès existent sur la technicité en agriculture biologique, avec l'appui de conseillers qui ont une vision bio des systèmes de production.
Agnès Cussonneau
La ferme de Jean-Louis Le Roch
- 1,5 UTH, plus quelques saisonniers. ETA et Cuma.
- SAU 140 ha : 24 ha de légumes – pommes de terre, 42 ha de pâturages, 7 ha de mélange prairie, 54 ha de céréales (alimentation animale et humaine), 14 ha de luzerne.
- 40 vaches Charolaises.