
En systèmes naisseurs-engraisseurs, les éleveurs ont retiré en moyenne, sur l'exercice 2008 – 2009, un résultat courant de 383 euros / vache allaitante (VA) soit près de 1500 euros de moins que le revenu de référence par UTH familiale. Un résultat en baisse de près de 2000 euros par rapport à l’année précédente.
En système naisseurs, le revenu s’établit à 242 euros/VA. Pour la deuxième année consécutive, le revenu par UTH familial est inférieur à 85% du Smic Ce score place la production bovine en queue de peloton des productions bretonnes au niveau de la rémunération.
L’impact de la crise
La conjoncture explique en partie ces résultats. La crise économique a particulièrement affecté les marchés de la viande bovine. La réduction des budgets incite les consommateurs à se reporter sur des viandes meilleur marché (porc et volaille). L’année 2009 a également été marquée par un afflux de vaches laitières de réformes dans les abattoirs français, influençant à la baisse les cours des vaches allaitantes. Dans les élevages bretons, la vache de réforme était valorisée 50 euros de moins que l’année précédente.
À cette baisse des prix de vente, s’ajoute une augmentation des charges. La hausse des charges opérationnelles, qui avait déjà été très importante en 2008, augmente encore. La hausse concerne le coût du concentré et le coût fourrager. Chez les naisseurs engraisseurs, elle explique en grande partie la baisse de revenus puisque le prix de vente du taurillon s’est maintenu à un bon niveau.
Une disparité entre exploitations
Ces mauvais résultats mettent également en évidence des structures qui ne sont pas toujours optimisées. En particulier dans les systèmes naisseurs, où le nombre d’animaux par unité de main d’œuvre reste souvent insuffisants. Ainsi, les éleveurs présentant les meilleures marges brutes à l’hectare ont également un chargement plus élevé. On distingue également une meilleure valorisation de la vache de réforme chez les naisseurs-engraisseurs que chez les naisseurs, l’écart par vache s’élève à 210 euros.
Par ailleurs, la moyenne de revenu cache une grande disparité. Le quart supérieur des éleveurs obtient en effet 630 euros/VA soit presque moitié plus que la moyenne. L’écart sur les coûts alimentaires explique 40% de la différence : moins de concentrés, et moins de coût fourrager pour un chargement équivalent. Le reste tient à la valorisation des animaux.
En termes de choix racial, les réformes Blondes d’Aquitaine se valorisent mieux. Dans les élevages de Charolaises, les charges alimentaires sont moins élevées, mais la valorisation des jeunes bovins et des réformes est plus faible. En Limousins, les charges et les prix de vente sont intermédiaires mais le nombre d’animaux produits par vache est supérieur.
Compensation en systèmes herbagers
Dans ce contexte, les aides Pac sont primordiales. Elles se répartissent actuellement entre les Droits à Paiement Unique, la Prime au Maintien des Troupeaux de Vaches Allaitantes (PMTVA), les aides aux cultures et la prime à l’abattage. Or, la réforme 2010 de la Pac diminue ces aides. En compensation, des primes à l’herbe et au maïs seront mises en place. Cette évolution devrait se traduire par une perte de 500 euros d’aides en moyenne par exploitation. Les systèmes naisseurs herbagers les moins intensifs seront peu impactés. Le nouveau dispositif d’aide à l’herbe compensera, en effet, les prélèvements effectués sur les aides découplées (PMTVA, Prime à l’Abattage, Aides aux cultures) et la modulation supplémentaire. À l’inverse, les systèmes les plus intensifs verront leur montant d’aides diminuer.
Lizig Cloarec
CER FRANCE Finistère
Photo : L’effectif moyen des exploitations spécialisées bretonnes est de 48 vaches allaitantes chez les naisseurs et de 62 chez les naisseurs engraisseurs.