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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°10804 |
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Lait / Les Hollandais plus compétitifs que les Allemands - Les concurrents européens passés au crible
 

Elle était attendue pour juin. L’étude promise par l’Institut de l’élevage sur l’état de la filière laitière allemande a été dévoilée en avant-première lors d’une journée de réflexion organisée, mardi dernier, par la FDSEA du Finistère.
« La diversité des exploitations ne facilite pas l’analyse », a expliqué Christophe Perrot, ingénieur à l’Institut de l’élevage, avant de dresser un portrait rapide des trois régions laitières de ce pays qui fait trembler les campagnes bretonnes : « Le Sud représente 50 % des exploitations laitières. Ce modèle patrimonial pluriactif compte en moyenne 23 vaches laitières. Au nord du pays, les troupeaux comptent en moyenne 55 vaches. Quant aux troupeaux de l’ex-Allemagne de l’Est, c’est 330 vaches en moyenne ».


Coups de pouce nationaux


Christophe Perrot indique que les revenus 2009 des producteurs laitiers allemands sont proches de ceux qui sont constatés en France. Et d’ajouter : « Quel que soit le pays d’Europe, il n’y a pas d’exploitation viable dans le contexte de 2009 ». Reste que l’Allemagne semble avoir « atténué ses pertes par une augmentation des volumes produits ». Le "Sonderprogramme", déployé en 2010-2011 et qui prévoit entre autres la régionalisation des aides, doit quant à lui apporter un coup de pouce de 50 €/ha en moyenne sachant que les exploitations intensives du Nord seront pénalisées de 100 €/ha.
L’étude de l’Institut de l’élevage met également l’accent sur l’avantage concurrentiel procuré par le régime de TVA pour lequel l’agriculteur peut effectuer des allers-retours entre le forfait et le réel. «L’avantage est évalué à 13 €/1 000 l », chiffe C. Perrot.
Au-delà de ces avantages au niveau production, le spécialiste de l’Institut de l’élevage souligne la réorganisation de la filière sur le territoire. « Ils ont des sites industriels de très grande taille. L’exportation étant une évidence stratégique pour ce pays », dit-il. Et de faire remarquer que « les zones laitières les plus denses (nord-ouest et sud-est) se renforcent en prenant du lait à d’autres régions ».


La force de frappe hollandaise


Alors que les producteurs bretons ont les yeux rivés sur l’Allemagne, C. Perrot invite à ne pas négliger la force de frappe hollandaise. « C’est le pays de l’hyperspécialisation et de l’intensification (12 000 litres de lait/ha) ».
Le producteur hollandais autofinance 50 % de ses investissements, ce qui lui permet d’asseoir une solidité financière de son entreprise. Rien à voir avec le modèle danois étouffé par un endettement moyen de 1,75 million d’euros par exploitation laitière. « Cette dépendance financière a plombé les résultats dans le contexte de la bulle foncière et financière qui a explosé. En 2008, les Danois supportaient en moyenne 150 €/1 000 litres de frais financiers ». À l’opposé, le producteur laitier néerlandais qui travaille avec « des systèmes simples et efficaces », comme le formule C. Perrot, fait beaucoup en sous-traitance avec des prix très bas (ex. : travaux des champs) ».

Didier Le Du


 


Photo : Dans l’ex-Allemagne de l’Est, les bâtiments en béton des anciens kolkozes ont été transformés en stabulations à logettes, capables d’accueillir plusieurs centaines de vaches.








Impressions de Bretons de retour d’outre-Rhin

La section laitière de la FRSEA Ouest a organisé un voyage de découverte de la filière allemande. Quelques impressions.

Serge Le Doaré, Plomelin
« Nous avons vu des fermes très efficaces, avec des vaches à 10 000 kg en ration complète. Exemple, ce couple de sexagénaires produisant 1,2 million de litres avec un salarié. Reste que toutes les exploitations ne sont pas semblables à celles que nous avons visitées.
En 2007, les producteurs ont fait des réserves. Ils étaient mieux armés que nous pour affronter la crise ».

Frank Guéhennec, Camors
« Les producteurs allemands ne se posent pas la question de l’organisation car 70 % du lait passe par les coopératives. À l’Est, après 60 ans de collectivisme, ils ne veulent pas entendre parler d’organisation. Pour 2013, les Allemands réfléchissent à un contrat sur une courte durée dans la perspective de renégocier les volumes. Elle est là leur préoccupation première ».

François Plougastel, Ploudaniel
« Nous avons ramassé une sacrée claque. Mais nous avons aussi des raisons d’espérer. Le développement du biogaz peut affaiblir la filière laitière outre-Rhin. Dans certains länder, 25 % de la surface fourragère est destinée à la méthanisation avec des loyers qui atteignent parfois les 800 €/ha. Un prix incompatible avec un prix du lait à 300 € ».



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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 23 Juin 2010
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