
Il ne se sent pas concerné par la course à l'agrandissement, Émile Blanchet, et s'en trouve très bien comme cela. Sa structure comprend un troupeau de 37 mères Limousines et leur suite, élevées sur une surface de 33 ha n'ayant pas vocation à augmenter. Une taille d'élevage modeste qui ne l'empêche pas de dégager des résultats économiques très au dessus de la moyenne : 1220 euros de marge brute par VA, 1480 euros par ha, quand le CER Bretagne indiquait, en 2007-2008, une marge moyenne de 814 euros / VA et de 788 euros / ha.
On réduit les charges
C'est d'abord par la maîtrise des charges que l'éleveur s'y prend, à commencer par l'alimentation : 155 euros de coût alimentaire / vache. Pour ce faire, la priorité est donnée au pâturage (27 ha d'herbe), sur des paddocks de RGA – trèfle qui dépassent rarement 60 ares et sur lesquels la rotation est rapide. "Si la météo est mauvaise, je n'hésite pas à rentrer tout le troupeau", souligne l'éleveur, qui ne complémente pas ses animaux, une fois la transition passée, lorsqu'ils sont à l'herbe. L'autre élément expliquant ce faible coût alimentaire est le fait que tous les aliments distribués sont produits sur l'exploitation, hormis du foin. Outre l'herbe, Émile Blanchet cultive donc 4 ha de maïs et 1,8 ha de mélange céréalier blé – pois – avoine (50 kg – 50 kg – 50 kg), semé début novembre et récolté autour du 20 juillet à un rendement de 5 – 6 t / ha (photo). Un mélange qui entraîne pleine satisfaction.
100 % des femelles labellisées
S'il minimise ses charges, Émile Blanchet maximise ses produits : 100 % des femelles sont vendues via le label. Sur la période 2006 – 2008, le prix moyen obtenu par animal a ainsi atteint 1673 euros. L'éleveur opte pour un renouvellement important. Afin d’obtenir son très bon taux de labellisation, il travaille la génétique, en inséminant 100 % des femelles (fin novembre, afin de n'avoir qu'une seule période de vêlage et pouvoir se libérer en juillet). La finition est réalisée comme il faut, mais sans excès. "Je fais le choix de ne pas donner d'aliment de finition, quitte à obtenir des animaux moins gras", explique l'éleveur. Ce qui ne l'empêche pas d'obtenir de très bons poids de départ : 407 kg sur la période 2006- 2008.
Anne-Laure Lussou
Photo : Émile Blanchet a troqué le lait pour la viande en 1993 dans une optique d'amélioration du confort de vie, et pour l'aspect environnemental, dans la mesure où il produit moins de maïs qu'auparavant.
Une porte ouverte dans le cadre d'Innov'Action
Émile Blanchet ouvrira les portes de son exploitation le vendredi 25 juin dans le cadre de l'opération Innov'Action des Chambres d'agriculture. Le même jour, toujours en viande bovine et toujours dans le cadre d'Innov'Action, il sera aussi possible de visiter l'exploitation de Michel Guérin, naisseur – engraisseur (Limousines) en bio à Ploubalay (22) et adepte de la vente directe (100 % de la production).