Le marché européen des aliments « santé bien-être » aurait augmenté de 25 % en cinq ans. Les grands groupes agro-alimentaires surfent sur la vague. Encore faut-il en avoir les moyens. Les coûts de recherche sont très importants tout autant que le marketing nécessaire pour imposer ces nouveautés aux consommateurs. Dès lors, il n’est pas étonnant que les « gros faiseurs » dans le domaine se nomment Unilever, Nestlé ou encore Danone qui a fait du marché des aliments à allégation santé, un axe stratégique pour son développement. Mais l’EFSA, l’autorité européenne de sécurité alimentaire veille. Elle a décidé d’évaluer la crédibilité scientifique de plus de 4 000 allégations santé. Résultat : les trois quarts sont retoqués, comme ces barres chocolatées « riches en calcium » mais aussi en lipides et glucides susceptibles de favoriser l’obésité enfantine. Les industriels devront désormais débourser encore plus d’argent pour monter les dossiers et fournir les études qui serviront à argumenter les deman-des d’allégation santé. Même les plus grosses hésitent ou y renoncent. Ainsi Danone qui avait fait une demande de reconnaissance santé pour ses yaourts Activia et son lait fermenté Actimel, abandonne provisoirement sa communication sur les bénéfices santé de ces produits. Est-ce grave docteur ? Non, car ce ne sont pas les médecins qui ont poussé à la mise au point de ces produits mais l’industrie agro-alimentaire qui y voit là une manière de sortir des produits de masse en les faisant migrer vers la catégorie de ce que l’on appelle les « alicaments », plus rémunérateurs. Et se démarquer ainsi des produits laitiers classiques, pour lesquels les grandes marques sont chahutées par les marques distributeurs. À quand l’andouille de Guémené anti-cellulite ?