Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Disparition du foncier agricole / Tout n’est pas lié à l’urbanisme
 

La faute à l'urbanisme, aux routes, aux espaces artisanaux ou de loisirs... Bien sûr, mais pas seulement! ». Hervé Le Cleuziou était remonté lors de sa dernière assemblée générale en tant que président du syndicat de la propriété privée rurale à Vannes. « Les chiffres montrent qu'une part importante tient aux propriétaires qui ne veulent plus louer compte tenu d'un statut du fermage archaïque qui les pénalise ». Les espaces urbanisés ou consacrés aux activités de loisirs représentent 1500 hectares par an dans le Morbihan, à peine moins touché par le phénomène que l'Ile et Vilaine. Il manquerait donc 500 hectares pour faire le compte de toutes les terres agricoles qui disparaissent chaque année.  « Une fois un bail signé, il n'est plus question de reprendre les terres. Il est quasiment impossible de les vendre ». Le propriétaire préférerait, de plus en plus souvent, retirer ses terres de la location, à l'occasion, notamment, d'un changement d'exploitant. Hervé Le Cleuziou dénonce également le prix trop bas du loyer et l'intervention contestable de la Safer.


Calcul des loyers


Le syndicat des propriétaires préconise de limiter l'intervention de la Safer pour que le foncier retrouve une vraie valeur économique. « Les prix en Bretagne sont les plus bas d'Europe ». Il demande que la Loi de Modernisation Agricole intègre pour les petits propriétaires la possibilité de vendre leur capital en cas de besoin. Un congé vente, en quelque sorte. « Le calcul des loyers devrait s'appuyer, pour l'essentiel, sur l'évolution de l'indice du coût de la vie puisque les propriétaires n'ont plus aucun pouvoir de décision vis-à-vis du fermier ». Le syndicat demande au président de la Chambre d'agriculture de faire preuve d'audace en lançant une réflexion en profondeur pour faire évoluer ce statut du fermage qui pénalise certes les propriétaires, mais qui pénalise plus encore le monde agricole en raison de la disparition du foncier. « La FNSEA, en se cramponnant à ce statut, fait fausse route et commet une erreur historique ». L'équivalent d'un département français disparaît tous les dix ans. Le double de ce qui se passe en Allemagne.

Bernard Laurent


Photo : L'assemblée générale du syndicat de la propriété privée rurale s'est tenue, vendredi 4 juin, à la Chambre d'agriculture, à Vannes.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Juin 2010
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