
Chez nous, l'élevage des truies en groupe, c'est un choix », affirme Bernard Le Douget, à la tête, avec son frère Gilles, d'un élevage de 200 truies à Pluméliau. En 2004, le bâtiment des gestantes, vétuste, (système à l'attache), a été rasé pour faire place à un nouvel atelier de 80 places de truies en gestation. L'anticipation a permis de faire l'économie d'une mise aux normes bien être, en 2013. « Nous avons opté pour le système bat-flanc et séparations en béton, pour une question de simplicité et de solidité. C'était moins cher que les réfectoires et la durée de vie est probablement supérieure».
Après l'échographie, réalisée dans la verraterie où elles sont bloquées, les truies sont mises en groupe de six. « Elles sont allotées, en fonction des gabarits. Les bagarres sont sans conséquences ». De fait, les performances de reproduction plaident pour un système synonyme, pour les éleveurs, d'amélioration des conditions de travail. « Nous n'avons plus de raclages à faire. Il suffit de surveiller les truies ». 30,05 porcelets sevrés par truie productive sur la dernière année. 14,11 nés totaux et 13 nés vifs par portée. Le taux de fécondation est au diapason: 91% de réussite en première saillie et des maternités bien remplies. « Il n'y a pas plus d'avortements qu'auparavant », précise Gilles, désamorçant ainsi les critiques des sceptiques sur les conséquences de la mise en groupe et des bagarres inhérentes. Seules deux anciennes cases à verrat de 4 m2 servent à isoler les truies à problème (essentiellement de pattes). Autre preuve de l'efficacité du nouveau système: les truies font six portées en moyenne avant d'être réformées.
Fabrication des aliments à la ferme
Les vaccinations, réalisées à l'aide d'un prolongateur ne posent pas de soucis particuliers. « Les truies sont calmes ». Les éleveurs veillent à bien engraisser les truies en verraterie. « Elles consomment 4 kilos par jour jusqu'à l'échographie ». Un aliment de type gestante fabriqué, comme tous les autres aliments à l'exception du premier âge, sur l'exploitation et distribué en soupe. « En gestante, elles consomment 2,6 kilos en été et 2,8 kilos en hiver ».
Les céréales sont produites sur les 130 hectares de l'exploitation, située sur le bassin versant du Frémeur (Evel). Là encore, les éleveurs ont anticipé sur les pratiques agronomiques. Le non labour est la règle depuis une dizaine d'années, pour gagner du temps et limiter l'érosion. La réduction des doses de produits phytosanitaires est bien engagée. « Nous choisissons des couverts en inter-cultures faciles à détruire mécaniquement ». Le glyphosate est dans le collimateur. « Même si ce n'est pas forcément économe ». L'exploitation est engagée dans une « MAE rotationnelle ». Finie la succession de maïs sur les mêmes parcelles. Maïs, blé, orge et colza devront se succéder en bon ordre, dorénavant.
Épandage sans tonne à lisier
Depuis 2002, le lisier est épandu sans tonne. 1,5 kilomètre de tuyaux enterrés irriguent un parcellaire groupé autour de l'élevage (80 hectares). Un premier tracteur refoule le lisier dans le réseau jusqu'aux bouches dans les parcelles. Un tuyau relie la bouche à un deuxième tracteur qui épand les effluents à l'aide d'une simple rampe. « Cela évite d'aller sur la route avec une tonne et, au final, ce n'est pas plus onéreux », assure Bernard. Une centaine d'hectares sont ainsi fertilisés chaque année à raison de deux hectares à l'heure. Toutes les cultures sont concernées, notamment les céréales à paille. L'exploitation est également engagée dans le programme Breizh bocage pour créer des talus et des haies. Les visiteurs pourront s'en rendre compte le mercredi 30 juin lors de la porte ouverte organisée par la Chambre d'agriculture.
Bernard Laurent
Photo : Bernard et Gilles Le Douget présenteront leur élevage et leurs pratiques agronomiques le 30 juin.
Les 29 et 30 juin : cap sur les innovations
Mardi 29 juin
Économiser et produire de l’énergie à la ferme à Pluherlin chez Jean et Odile Allain - Earl de Couedel - 200 000 L de lait – 45ha SAU
• Panneaux photovoltaïques
• Filière bois : démonstration de broyeur bois et d’élagage
• Banc d’essai tracteur et économie de carburant
Viser l’autonomie en protéines à Elven chez Hervé et Françoise Le Meyec et Daniel Gousset - Gaec Le Meyec Gousset - 675 000 L de lait – 113ha SAU
• Culture de luzerne : objectif de réduction de 25 T de tourteaux,
exemples de rations et économies sur les concentrés
• Autonomie sur les petits chantiers d’ensilage : Remorque « autochargeuse ensileuse » en Cuma
• Mécanisation raisonnée
Raisonner l’évolution de ses bâtiments à Gourin chez Michel et Jean-Pierre Sager, Christine et Adrien Dufleit - Gaec de Kervenou - 875 000 L de lait – 195ha SAU dont 30 ha légumes
• Salle de traite 2 x 6 transformée en 2x10 avec coûts raisonnés
• Agrandissement de la stabulation en valorisant l’existant et en auto-construction
• Organisation du travail entre associés
• Cultures : local phyto, banc d’essais pulvé, TCS…
Gagner du temps dans l’organisation du travail à La Chapelle Caro chez Pascal Avenier - 282 000 L de lait – 78ha SAU
• Dessileuse automotrice CUMA et matériel récolte : délégation des tâches techniques pour se concentrer sur la gestion de l’entreprise
• Utilisation des nouvelles technologies pour piloter son exploitation
(outils de gestion du lait, Agraël, Mes P@rcelles…)
• Fonctionnement du groupement d’employeurs
• Travail en réseaux (GVA, groupe technique lait, Cuma…) avec l’appui de l’AEF et du Comité Départemental de Développement de l’Elevage
Mercredi 30 juin
Produire autant et mieux : c’est possible à Pluméliau chez Bernard et Gilles Le Douget - Gaec de Kermoisan - Porcs : 184 Truies Naiseur Engraisseur - Volailles : 12 500 poulettes – 100ha SAU
• Maîtrise phytosanitaire
• Reconquête qualité de l’eau : plantations de haies bocagères (breizh bocage) et programme agricole du Bassin Versant de l’Evel
• Démonstration de déchiqueteuse de bois
• Bien-être animal : mise aux normes « bien-être pour les truies ». Visite des bâtiments possible
Déléguer en Cuma et diversifi er son revenu : vente directe, réflexion bio, filière bois… à Cleguer chez Anne et Yann Guillemot - EARL de la Colline - 390 000 L de lait - 79ha SAU
• Organisation du travail : CUMA intégrale, CUMA dessileuse automotrice, entraide
• Simulation d’un passage en bio
• Énergie : évaluation du potentiel énergétique des haies de l’exploitation et livraison de plaquette de bois
• Vente directe
• Présentation d’un atelier de transformation mobile (Cuma)