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Morbihan (56)
Désherbage mécanique / Les Cumas mettent le matériel à l’épreuve
 

Cinq différents matériel de désherbage dans une même parcelle. Les adventices ont souffert mercredi dernier chez Éric Lucas à Limerzel. Les plants de maïs beaucoup moins, contrairement aux à priori de certains producteurs présents. Quel que soit le matériel utilisé, les pertes de plants sont faibles. 5% de pertes de pieds en moyenne après le passage de la herse étrille, selon Clarisse Boisselier de la Chambre d'agriculture. 2% après la houe rotative. 1% lors du passage des bineuses. Les pertes se situent essentiellement en bout de champ et dépendent, au final, de la taille et de la configuration de la parcelle. Encore faut-il que le matériel utilisé corresponde au stade de la culture et des adventices ou de la structure du sol.


Polyvalence de la herse


La herse étrille doit être utilisée sur un sol bien nivelé et ressuyé, avant que les adventices n'atteignent le stade 2 feuilles. A ce stade, la racine mesure 2 à 3 centimètres de plus que la plante et est difficile à éliminer. Christophe Baron, producteur à Allaire, utilisateur de la technique sur maïs depuis huit ans, réalise un passage avant la levée du maïs. « Le premier passage, à 12-15 kilomètres/heure est idéalement réalisé lorsque le maïs pointe ». Semé à 3-4 centimètres de profondeur à une densité moyenne, l'enracinement est déjà bon et les mauvaises herbes n'en sont qu'au stade de plantules. Un second passage avant le stade 2 feuilles des adventices peut être effectué, selon le besoin. « La date de semis est importante. Il ne faut pas semer trop tôt. Vers le 15 mai, le maïs démarre très vite et prend rapidement le dessus ». La période d'intervention possible est courte et constitue le principal inconvénient du système. Un binage est effectué par la suite, avant le stade 8-10 feuilles du maïs.  Les herses étrilles ont une largeur de 6 à 12 mètres et coûtent, neuves, de 4000 à 11 000 euros. Leur polyvalence (utilisation sur céréales, protéagineux, légumes...) est un avantage.


Houe rotative


« La houe rotative est, au départ, une écrouteuse », indique Rémi Carré, de l'ETA Carré de Saint Martin en Vendée. « Le sol est travaillé sur 2 à 3 centimètres ». Le passage doit s'effectuer au stade filament des adventices. La vitesse de 12-15 kilomètres à l'heure permet un débit de chantier important (5 hectares à l'heure). « Le passage est possible jusqu'au stade 8 feuilles du maïs. Il est alors bien enraciné et ne craint pas le passage de la houe ». Les périodes d'intervention sont aussi courtes que pour la herse étrille et les conditions météo conditionnent son efficacité (ni trop sec, ni trop humide). L'usure des dents peut s'avérer rapide sur une terre caillouteuse. En moyenne, les réparations sont de l'ordre de 3 à 4  euros par hectare. D'une largeur de 6 mètres, la houe rotative coûte 12 000 euros environ.


Bineuses de plus en plus sophistiquées


Les bineuses simples ou auto-pilotées, à l'avant du tracteur ou traînées, ont également été testées à Limerzel. Les interventions sont possibles à partir du stade 2-3 feuilles des adventices et à des stades plus avancés que pour la herse ou la houe. Son passage assure un coup de fouet agronomique (aération du sol, réchauffement, infiltration de l'eau, limitation de l'évaporation en brisant la remontée capillaire). La bineuse doit travailler sur la même largeur que le semoir. La présence de cailloux provoque une usure rapide des socs et limite leur utilisation. Jean-François Boulo, producteur à Caden, travaille avec une bineuse placée à l'avant du tracteur. « On voit bien le travail de l'outil ». Équipée de doigts Kress, elle travaille sur la ligne de semis. Deux binages lui semblent suffisants, lorsque le semis n'est pas trop précoce. Les bineuses simples coûtent de 5 000 à 8 000 euros. Elles peuvent être combinées à des pulvérisateurs et à des semoirs pour implanter un couvert végétal. Les bineuses auto-pilotées permettent de biner plus près du rang. Couplées à des pulvérisateurs et des semoirs, elles peuvent atteindre 30 000 euros à l'achat.

Bernard Laurent


Photo : Les producteurs sont à la recherche de solutions pour limiter les traitements phytosanitaires. L'utilisation de la houe rotative peut en être une.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Juin 2010
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