En fin d’année, les négociations seront lancées pour redessiner à Vingt-Sept, la politique agricole commune après 2013. Avant cela, fin novembre, la Commission européenne devrait en donner une épure à travers une communication qui s’inspirera peut-être du grand débat citoyen lancé au printemps, organisé par la Commission européenne et qui a suscité plus de 2500 réponses. Devra-t-on s’attendre à des bouleversements ? Non, si l’on se réfère à la vision de Dacian Ciolos, le nouveau Commissaire européen à l’Agriculture qui affiche des positions moins libérales que Mariann Fischer Boel. Ou si l’on se réfère à l’opinion d’une majorité des pays membres, qui souhaitent une Pac forte. Le Royaume-Uni souhaitant, comme d’habitude, une réduction et une réorientation des dépenses agricoles. Une majorité de pays partagent également le constat que la perte de compétitivité de l’agriculture européenne est due aux normes qui s’imposent en Europe, aux agriculteurs et aux industriels. Des approches différentes subsistent cependant entre pays. D’abord entre anciens pays membres et nouveaux. Ces derniers souhaitent que le niveau des aides soit équivalent dans tous les pays à partir de 2014. Il est en moyenne de 300 euros/ha contre 180 dans les 12 nouveaux pays. Le deuxième clivage serait plutôt géographique entre des pays du Nord, Royaume-Uni, Danemark, Suède qui plaident pour des outils permettant de développer la recherche et l’innovation pour regagner la compétitivité perdue. Tandis que d’autres, dont la France, comptent plus sur des aides directes pour compenser les distorsions et ayant une vision plus sociétale de leur agriculture (environnement, territoires, biodiversité). Bruno Le Maire ne se cachait pas pour dire que le modèle agricole français n’était pas le plus plébiscité par les partenaires européens.