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Cooperl Arc Atlantique / La filière porcine française en danger - Les distorsions de concurrence sont les nouveaux MCM
 

Emmanuel Commault, directeur général de Cooperl Arc Atlantique qualifie le résultat de l’exercice 2009 comme « un bon résultat, pas flamboyant, mais rassurant et qui permet de consolider la situation financière ». Il est vrai que le chiffre d’affaires est aussi à relativiser du fait des fluctuations du prix du porc sur 2009 et de celui des matières premières. « La croissance dite organique est de 2 % » précise le directeur.


Synergies visibles en 2010


L’activité aliment du bétail se porte plutôt bien, dépassant le cap des 1,6 millions de tonnes. La progression est notamment forte en porc avec + 10 %, alors que ce marché est en recul de 6 à 7 %. « Il nous reste encore du potentiel à valoriser ».
Le groupe poursuit sa phase d’adaptation  après la fusion avec le groupe Arca et plus récemment l’acquisition de Brocéliande. « Le processus de fusion avec Arca est désormais achevé. Les synergies vont commencer à être visibles à partir de 2010 », note le directeur. Le groupe poursuit désormais la modernisation des différents sites industriels. C’est le cas de l’abattoir de Saint Maixant, avec une adaptation de la partie découpe et l’installation du froid choc. « Notre programme d’investissements est de 30 millions d’euros par an. 50 % pour la modernisation des outils suite à  l’acquisition de Brocéliande et 50 % sur les outils du périmètre Cooperl Arc Atlantique ».


Un différentiel colossal


Le 1er groupe porcin français, bien que très compétitif au niveau de ses éleveurs et de ses outils, n’en demeure pas moins très inquiet pour les années à venir. En cause, les distorsions de concurrence. « L’Allemagne fait un ravage dans l’industrie agricole et agroalimentaire », explique le président Guy Dartois. La situation risque de devenir rapidement intenable pour les opérateurs français. La liste des distorsions, avec les concurrents d’Outre Rhin, est effectivement très fournie : fiscales, sociales, environnementales… « Du même niveau, sinon pire que les Montants compensatoires monétaires des années 80/90 » .
Concrètement, en cumulant ces distorsions dans les élevages et dans les outils d’abattage et de transformation, la facture s’alourdit rapidement pour tous les maillons de la filière. Ainsi pour les éleveurs français, le taux de la TVA est de 5,5 % pour les achats comme pour les ventes. En Allemagne, avec un système forfaitaire et une TVA pour les achats de 7 % et pour les ventes de 10,7 %, l’avantage concurrentiel de  par la seule fiscalité est estimé à 3,6 euros du porc.
En aval, l’Allemagne , gros employeur, profite d’une main d’œuvre issue des anciens pays du bloc de l’Est à des tarifs défiants toute concurrence, 7 euros de l’heure, au lieu d’un coûts français compris entre 15 et 18 euros de l’heure.
Conséquence, pour un atelier moyen français de 200 truies et 4500 porcs commercialisés, le différentiel serait sur les deux dernières années compris entre 95 000 et 100 000 euros. Pas étonnant que tout le monde constate un vieillissement du parc bâtiments et un très gros retard dans la  mise aux normes bien-être. Cooperl Arc Atlantique estime quant à elle à 25 millions d’euros par an le différentiel avec ses concurrents allemands de l’industrie porcine.
Ce cri d’alarme pourrait cependant ne pas rester sans lendemain. Les acteurs de la filière porcine se concertent pour dans les prochaines semaines conduire des actions communes.

Pierre Dénès


Photo : Emmanuel Commault, directeur et Guy Dartois, président de la Cooperl Arc Atlantique (de gauche à droite).




6 millions de porcs
Au total, Cooperl Arc Atlantique, ce sont désormais 6 millions de porcs produits par les adhérents. 5 millions sont abattus dans les 3 outils de Lamballe, Montfort sur Meu et St Maixent, 85 % sont découpés ou transformés. Un million de porcs sont vendus à d’autres abattoirs. Les volumes exportés en 2009 ont représenté 30 %, un peu moins que les années précédentes (35%). « Les conséquences de la crise monétaire internationale avec un euro fort ».



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Juin 2010
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