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Innovations / Gaec de Broyou, Glomel (22) - Du lait, grâce à une bonne gestion fourragère
 

Le lait découle de la production de fourrages. Le potentiel agronomique détermine le système fourrager et le lait en est le résultat final", explique Olivier Perrot, associé du Gaec de Broyou à Glomel (22). "Je suis convaincu que l'on peut arriver à l'autonomie alimentaire du troupeau, en optimisant l'agronomie et la production de fourrages".
Jusqu'en 1997, l'exploitation s'appuyait sur un système lait + taurillons avec 20 ha de maïs. L'arrêt des taurillons et l'agrandissement progressif de la surface, puis la mise en place du séchoir de rounds en 2006, ont entraîné une diminution du maïs au profit de l'herbe. "Avec le maïs, l'élevage laitier était très dépendant du soja. Nous voulions un système qui nous apporte plus d'autonomie et nous permette de baisser les coûts alimentaires". L'agrandissement jusqu'à 140 ha, l'entrée récente d'un nouvel associé et la conversion en bio depuis 2010 ont été les dernières étapes vers cette recherche d'autonomie.


Mélange d'espèces


"Notre objectif est d'avoir une ration excédentaire en protéines, complétée par des aliments énergétiques comme le maïs grain et la betterave". Dans cette ration, l'herbe est prépondérante (voir rations d'hiver). "Cela fait 10 ans que je pratique les mélanges en associant plusieurs espèces fourragères". La réussite n'a pas toujours été au rendez-vous mais progressivement, la démarche s'est perfectionnée. "Face à une parcelle, je m'interroge sur la meilleure façon de la valoriser et je choisis l'association d'espèces en conséquence", poursuit Olivier. "Si je prévois la fauche, l'association luzerne-dactyle sera prépondérante. S'il s'agit de pâturage, le RGA + TB sera dominant". Deux variétés de trèfle blanc peuvent être associées, l'une se développant plutôt en avril, l'autre en juillet. 
Le choix se fait à la parcelle. Ainsi, une parcelle humide sera implantée plutôt en trèfle hybride et en fétuque, alors que dans une parcelle plutôt séchante, la fétuque sera remplacée par du dactyle qui s'adapte bien au full grass. Seule une parcelle de 2 ha plus éloignée est en luzerne pure.


Riche en protéines


Olivier apprécie la luzerne, un fourrage d'été très riche en protéine. "Son implantation est satisfaisante, en incorporant de l'inoculum, lors du semis. La terre doit être bien tassée. Il faut être vigilant aux limaces et apporter périodiquement du maerl". L'exploitation dispose de 40 à 45 ares d'herbe pâturable accessible, par vache, ce qui donne de la souplesse. "Malgré la période sèche du printemps, le lait s'est bien maintenu". Les vaches accèdent à une parcelle de 12 ha, en full grass, durant la nuit. Trente ha sont divisés en paddocks avec des parcelles pâturées et fauchées. Durant la saison de pâturage, les vaches ont un mélange sec de 2 kg de foin broyé et de 2 kg de blé, préparé une fois par semaine à la mélangeuse. 
Les stocks d'herbe d'hiver sont réalisés, moitié en ensilage, moitié en foin, en fonction de l'organisation du travail et de la disponibilité du séchoir. La première coupe est souvent réalisée en ensilage (autochargeuse par entreprise). "Pour le foin, nous avons choisi le séchoir (voir hors-texte) pour avoir de la qualité et sauvegarder les protéines des légumineuses. En déroulant le round, on trouve à l'intérieur un tapis de feuilles, riche en protéines". 80 % du séchage est réalisé au champ, pour limiter les coûts. "Au fil des années, on a perfectionné notre méthode de fanage, en choisissant les heures, si possible en soirée, en réglant bien le matériel".


Maïs grain humide


L'alimentation du troupeau repose aussi sur l'utilisation de maïs grain humide, en apport d'énergie. "Nous choisissons des variétés précoces et des parcelles adaptées". Le stockage se fait en boudins. Durant l'hiver, les vaches sont réparties en 2 lots (moins de 120 jours de lactation ou plus) avec des rations adaptées à la production (voir hors-texte).
"Notre objectif est de rester à 7 000 kg de lait/vache/an, sachant que la production de printemps (à base d'herbe pâturée) atteint 8 500 kg/vache, avec un maximum de pâturage". Le coût alimentaire est bas depuis longtemps. Il se situe autour de 40 euros par 1 000 L de lait.
Patrick Bégos


Photo : Olivier Perrot et Florence Jugant, associés du Gaec de Broyou, privilégient la production de lait à partir d'herbe, avec des prairies composées d'un mélange d'espèces fourragères.

>>> Le plein d'innovations : Comme d'autres exploitations bretonnes, le Gaec de Broyou ouvrira ses portes et partagera son expérience. Voir les listes et les dates en pages départementales.






Un séchoir de rounds


Il a été réalisé dans un ancien silo à maïs, sur fosse, avec 30 trous de diamètre 90 cm correspondant à 30 rounds. Alimenté au fuel ou à l'huile, le ventilateur d'une capacité de 64 000 m3/h envoie de l'air chaud dans la fosse. Cet air pénètre dans les rounds pressés à faible densité. Le pressage au champ est réalisé 2 à 3 jours après la coupe et le foin reste en séchoir, au minimum 24 heures (si chauffage de l'air) et parfois plusieurs jours (si chauffage partiel). Un système de plaques disposé sur les rounds oblige l'air à sortir par l'ensemble de la botte. L'investissement global a été de 50 000 euros sachant que le bâtiment sert aussi au stockage de matériel et de betteraves.



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Juin 2010
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