
Depuis plusieurs mois, les responsables porcs des Jeunes Agriculteurs et de la FRSEA avec l’appui de la FNP mène une campagne de terrain auprès des groupements et des éleveurs pour renforcer les apports au cadran. Début 2010, ils s’étaient fixé un objectif à atteindre de 100 000 porcs/semaine, au lieu des 60 000 à 65 000. Une démarche d’ailleurs partagée par le président de l’Union des groupements, Michel Bloc’h.
Combat difficile
Certes depuis plusieurs semaines, le cap des 70 000 porcs à été régulièrement approché soit + 6000 à 7000 porcs/semaine. « Une première étape positive mais encore insuffisante », admet le président de la section porcine régionale, François Valy. Les objectifs étaient sans doute un peu trop ambitieux, d’autant que le 1er groupement Français, la Cooperl, a clairement refusé de mettre les porcs de ses adhérents au cadran. « Tout en affirmant son attachement à un outil de fixation, elle refuse de venir acheter les porcs de ses adhérents au marché », regrette François Valy.
Parallèlement un autre groupement, Prestor-Cecab, a aussi réduit ses apports de 1000 porcs/semaine. A priori rien à voir avec la récente annonce de la fusion entre les trois groupements, Prestor - Cecab - Coop de Broons, et l’éventualité de la prise du contrôle total de l’abattoir Gad dont ils détiennent déjà 68 % du capital. En 2009, ils représentaient plus de 10 000 porcs/semaine au cadran et cette diminution des apports interroge. L’objectif est de compenser pour garder au MPB une représentativité indispensable pour préserver tout son poids. Deux groupements, Coopagri et Porc Armor, ont fait l’effort ces derniers mois de consolider leurs apports. « Ils peuvent encore faire mieux ».
Dans ce contexte compliqué, le syndicalisme veut néanmoins poursuivre dans sa démarche de persuasion. « Il ne faut surtout pas se laisser endormir par l’illusion de cours meilleurs », martèle le président de la FNP, Jean-Michel Serres. Il rajoute : « Si les éleveurs veulent garder leur autonomie, c’est en passant par le cadran. Et plus l’aval sera concentré, plus ce sera important pour les éleveurs de peser sur la fixation du prix ».
Pierre Dénès
Photo :Jean-Michel Serre, président de la FNP, Didier Lucas, président de la section porc FDSEA 22 Olivier Billon, responsable porc des J A 29 et François Valy, président de section FDSEA 56 et de la FRSEA
Un parc bâtiment à rénover
La FNP travaille aussi sur d’autres terrain, et notamment sur VPF (viande porcine française), et sur la mise aux normes « bien-être ». « Nous voulons relancer la démarche VPF. 5300 magasins hyper et super ont acceptés de mettre en avant la viande porcine française. Cela peut consolider les débouchés ».
Sur la mise aux normes, il y a aussi urgence. « 2/3 des producteurs ne se sont pas encore engagés », explique le président de la FNP. Soulignant que « l ’assouplissement de certaines dispositions de la réglementation des installations classées, et l’augmentation du plafond des aides de 15 000 euros à 30 000 euros pourraient dans une conjoncture un peu meilleure inciter les éleveurs à investir dans cette mise aux normes ». Il conclut : « Les retards d’investissements sont estimés à 2,8 milliards d’euros, soit l’équivalent d’une année de chiffre d’affaires des éleveurs ».