
La croissance folliculaire est réduite pendant la lactation mais elle est présente », affirme Philippe Le Neveu, vétérinaire à l'Ispaia de Ploufragan, lors de son intervention au forum technique de Cobiporc. La production de l'hormone de l'ovulation (LH) est beaucoup plus importante chez les truies ayant conservé un bon état en maternité. Cette différence de production hormonale se retrouve, après sevrage, sur le nombre de follicules. « Deux jours après le sevrage, le nombre de follicules de plus de quatre millimètres est deux fois plus important chez les truies n'ayant perdu qu'une quinzaine de kilos en lactation que chez des animaux ayant perdu plus d'une trentaine de kilos ». La production quotidienne de 12 à 13 kilos de lait par truie n'est pas sans conséquences. Elle a doublé en trente ans. Compte tenu des avancées en élevage de sélection, elle augmentera encore dans les années futures. Elle doit être accompagnée d'une alimentation adéquate, en quantité et en qualité, pour éviter les fortes pertes d'état.
« La réussite de la lactation est conditionnée par la gestation ». Les fondamentaux sur l'état des truies à l'entrée en maternité (pas trop grasses), sur la température dans la salle (la quantité d'ingéré chute à 25°C), sur la teneur en fibres (élevée) dans l'aliment gestante, ou sur l'abreuvement sont essentiels pour favoriser l'appétit pendant la lactation. « Les éleveurs le savent...et pourtant les dysfonctionnements sont fréquents ».
Moment de l'ovulation
Compte tenu des objectifs très élevés de fécondité, des marges de progrès existent dans les pratiques de détection. « Un verrat ne fait pas la différence entre une truie gestante et une truie en chaleur. Une truie fait parfaitement la différence entre un verrat entier et un verrat castré. C'est la truie qui décide. Le verrat utilisé pour la détection doit donc être actif et en forme. L'idéal est d'en avoir plusieurs ». L'ovulation a lieu entre les 2/3 et les ¾ de la durée de l'œstrus. L'insémination la plus efficace a lieu 12 heures avant l'ovulation. Il est important de connaître la durée moyenne des chaleurs sur l'élevage. « Aux Pays Bas, le nombre d'inséminations par truie est d'1,6 contre 2,5 en France. Le nombre de porcelets est plus faible mais atteint tout de même 12,3 nés vifs ». Des chiffres qui interpellent. Peut-on détecter le moment de l'ovulation? « Le dosage hormonal ou l'imagerie ovarienne donnent de bons résultats au niveau de la recherche et permettent de tendre vers une seule insémination. La mise en application en élevage, c'est autre chose ». Pour le vétérinaire, il faut s'en tenir, pour encore, au respect des bases techniques d'élevage. La technologie a ses effets pervers. « L'échographe est un très bon outil. Certains éleveurs ont tendance à négliger la technique de l'insémination en se disant que les truies vides seront détectées à l'échographie ». Un retour en chaleur équivaut pourtant, selon lui, à une perte de 75 euros si il y a suffisamment de truies pleines pour remplir la maternité. La perte s'élève à 450 euros pour une place de maternité vide.
La lecture automatisée du comportement de la truie pour détecter les chaleurs n'est pas encore au point. Elle ne permet pas, de toute manière, de connaître précisément le moment de l'ovulation. Les recherches se poursuivent pour couvrir au mieux cette période d'ovulation. L'amélioration de la technique de fabrication de doses de semence « retard » avec libéralisation progressive des spermatozoïdes dans l'utérus de la truie permettra probablement de diminuer le nombre d'inséminations.
Bernard Laurent
Photo : La truie produit douze à treize kilos de lait par jour. Une production qui a ses conséquences sur la reproduction.
L'activité 2009 de Cobiporc en quelques chiffres
1 1905 962 doses de verrats terminaux vendues
• + 2,61% de doses par rapport à 2008
• dont : + 6,78% en race piétrain (75% de l'activité)
- 11,37% en race Large White
- 6,6% en races croisées