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Sodiaal-Entremont / 20% de la production laitière nationale - « Une avancée réelle » selon Gérard Budin
 

Bruno Le Maire avait annoncé la finalisation du dossier Sodiaal/ Entremont pour le 15 mai. Le 3 juin, les événements semblaient s’accélérer. La réunion du comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) qui s’est tenue jeudi 3 juin « a constaté et permis une avancée réelle » dans le projet de reprise par Sodiaal du groupe Entremont Alliance, a indiqué à Agra Presse Gérard Budin, président du groupe coopératif. Mais il n’a pas confirmé l’information publiée le même jour par le Figaro.fr, selon laquelle « le groupe fromager, majoritairement détenu par la CNP d’Albert Frère, va être racheté en totalité par Sodiaal », évoquant la procédure d’information au personnel à respecter avant toute signature.
De son côté, le ministère de l’Agriculture, très impliqué sur ce dossier, se montrait optimiste mais prudent. « Il y a désormais une forte convergence » entre Sodiaal et le premier actionnaire d’Entremont, Unifem, détenu majoritairement par le financier belge Albert Frère, a-t-on affirmé au ministère de l’Agriculture.
Une procédure « pas encore terminée »
« La procédure n’est pas encore terminée », a ajouté le ministère, évoquant un autre round de négociations avec des banques et la consultation des représentants du personnel. Après avoir réglé la question du rachat de la participation de l’actionnaire principal, les négociations se poursuivent sur un autre volet du dossier, celui de la restructuration de la dette. Fin 2009, Entremont chiffrait sa dette à 350 millions d’euros. Le principal actionnaire, Unifem, recevrait quelque 15 millions d’euros d’obligations remboursables en actions (ORA) et un chèque de 10 millions d’euros selon les informations publiées sur le site Figaro.fr. Toujours selon le Figaro.fr, « les créanciers d’Entremont abandonneront environ 70 millions d’euros de créances, et convertiront un montant équivalent en obligations remboursables en actions à horizon de dix ans ».


20% de la production française


Avec Sodiaal, la nouvelle unité représenterait 13 500 producteurs de lait et 20% de la production française. Avec le rachat d’Entremont, Sodiaal deviendra le quatrième opérateur laitier européen, et le deuxième français en matière de collecte laitière, avec plus de 5 milliards de litres de lait collectés. Derrière notamment le Hollandais Friesland Campina et le français Lactalis, avec 5,2 milliards de litres de lait, soit deux fois moins que le premier. Une place qui n'est que très provisoire, puisque les allemands Nordmilch et Humana Milchunion sont en train de finaliser leur fusion avec 7,1 milliards de litres de lait. Le chiffre d’affaires devrait dépasser 4 milliards d’euros et la coopérative compterait plus de 7 500 salariés.





Ronan Le Meur, secrétaire général de l’AEBEA
« Un nouveau départ, de nouveaux projets coopératifs »


Le premier point de satisfaction est qu’Albert Frère et ses associés ne sont plus partie prenante. Pour les éleveurs, la solution Sodiaal constitue un nouveau départ qui laisse augurer de nouveaux projets coopératifs. La perspective de pouvoir réorganiser les secteurs de l’emmental et du beurre-poudre, maillons faibles de la filière, s’ouvrent enfin au sein des coopératives qui collectent 60 % du lait français.
Concernant la participation financière des éleveurs, une avancée significative a été réalisée puisqu’il ne s’agit plus d’investir à fonds perdus mais au travers de parts sociales, par définition rémunérées et récupérables. Les éleveurs auront le choix d’adhérer ou non. Dans la négative, leur lait sera collecté pendant une durée de 18 mois. Pour les autres, l’investissement sera de 6,20 €/1 000 litres pendant 5 ans contre plus de 8 € pour le premier projet abandonné. Ce montant a été défini pour assurer une équité au regard des adhérents historiques de la coopérative Sodiaal.
Les livreurs auront la possibilité d’étaler leurs versements de capital social sur 5 ans ou d’apporter l’intégralité du capital dès l’entrée. Nous travaillons actuellement avec les banques pour étudier le meilleur financement. Parallèlement, l’association juridique et fiscale du Finistère examine les possibilités de défiscalisation envisageables dans le cadre d’un tel investissement.
En parallèle, les producteurs ne devraient plus être soumis à une forte flexibilité qui leur a fait perdre beaucoup d’argent ces dernières années. On peut imaginer retrouver un prix du lait approchant celui pratiqué par Laïta et Lactalis. N’oublions pas que certaines coopératives ont versé jusqu’à 10 euros de complément de prix sur la dernière campagne. Au bout du compte, si l’on intègre le prix payé, la rémunération de parts sociales et l’hypothèse de défiscalisation, le coût supporté pour l’achat de parts sociales pourrait être minimisé.
Concernant le projet chinois qui séduisait une partie des salariés d’Entremont Alliance, il faut savoir que le prix  envisagé payé au producteur correspondait au prix moyen moins 20 €/1 000 litres. Quant à la prétendue garantie de durée de contrat de 10 ans, elle nous semble incompatible avec le droit européen qui limite à 3 ans la durée pour ce type de contrat.
Il nous semble que la solution d’une coopérative, attachée à son territoire, est également préférable pour les salariés. À condition de reprendre le marché de 40 000 tonnes perdu par Entremont Alliance. Le défi commercial est sans doute à la portée de la nouvelle entité qui pourrait ainsi limiter, voire éviter, des licenciements ».

Recueilli par D. Le Du



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Juin 2010
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