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Céréales / Surveiller les pucerons sur les épis
 

Cette année, si les conditions climatiques sèches se poursuivent, l’invasion des épis par les pucerons risque d’être très préjudiciable. La lutte phytosanitaire est efficace, mais impose raisonnement et respect de quelques règles d’application.


Croissance liée à la température


A 20°C, le temps de doublement des populations est de 3 jours et les générations se succèdent tous les 8 jours. En aspirant la sève des plantes, le puceron des épis peut provoquer des dommages importants sur blé tendre, en limitant le plus souvent le poids de mille grains (PMG), voire le nombre de grains par épi, en cas d’attaque précoce.


Inutile d’intervenir avant épiaison


Plusieurs espèces de pucerons peuvent se retrouver sur les feuilles de blé, mais seul Sitobion avenae monte sur les épis et provoque des dégâts. Cependant, ceci ne doit pas conduire systématiquement à intervenir tôt. Les essais réalisés par Arvalis ont montré que les interventions ne se justifient que lorsque les pucerons sont montés sur les épis. De plus, des interventions trop précoces, avant épiaison, perturbent l’installation des auxiliaires.
Tant que l’on n’observe que quelques épis porteurs de pucerons dans toute la parcelle, l’intervention n‘est pas utile. Attention, les pucerons se développent souvent en foyers, il est donc indispensable de parcourir la parcelle si l’on veut connaître précisément le niveau d’infestation.
La fréquence d’épis porteurs est assez bien corrélée au nombre de pucerons par épi. Le seuil d’un épi sur deux porteur d’au moins un puceron, est un indicateur simple du début de la croissance de la population. On le retiendra pour déclencher le traitement.
Le développement s’effectue lorsque les pucerons peuvent prélever la sève montante, de floraison à grain laiteux-pâteux. Au-delà, les populations régressent. Une application trop précoce peut nécessiter une ré-intervention. De plus, un traitement trop précoce entraîne une destruction des microhyménoptères parasites ainsi que des coccinelles de prospection, dont les populations sont importantes par rapport aux premiers pucerons
Si la population de pucerons est déjà importante (plus d’un épi sur deux colonisé) et en conditions de développement très favorables (population qui double en 4 jours ou qui triple en 7 jours), l’utilisation de produits à forte action de choc est conseillée.


Choisir son insecticide


Les insecticides sont essentiellement des produits de contact, leur action excède rarement 2 semaines. Les produits à base de pyréthrinoïdes (DECIS PROTECH, KARATE XPRESS, MAVRIK FLO,…), doivent être positionnés dès que le seuil de un épi sur deux infesté est atteint. Ces produits ont des persistances d’action correctes, mais peuvent être mis en défaut sur des populations très développées. Par contre, lorsque la population de pucerons est plus importante, un traitement avec un insecticide plus percutant, à « action de choc » s’avère préférable (ex : PIRIMOR G, KARATE K,)
À chaque passage, quelle que soit la spécialité commerciale, un volume de bouillie de 150 à 200 L/ha est le minimum pour assurer une couverture suffisante de l’épi et du feuillage. Respecter également des conditions d’hygrométrie favorables (> 60 %) pour limiter la volatilisation des produits.


Renouveler l’intervention ?


On conseille de reprendre la surveillance une dizaine de jours environ après le traitement. Une nouvelle intervention peut être effectuée en cas d’un dépassement du seuil. Attention cependant, pour les traitements tardifs, il est impératif de veiller au respect du DAR (Délai Avant Récolte). Quoiqu’il en soit, il n’y a plus d’intérêt à traiter au-delà du stade grain pâteux.

Eric Masson, Arvalis-Institut du végétal


Photo : En aspirant la sève des plantes, le puceron des épis peut provoquer des dommages importants sur le poids de mille grains (PMG), voire le nombre de grains par épi.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Juin 2010
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