Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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CUMA / Plus d'herbe, moins de concentrés - Gagner en autonomie alimentaire
 

Dans les fermes de référence bretonnes, l'autonomie alimentaire globale (fourrages et concentrés) est en moyenne de 88 %, mais elle varie de 80 à 95 %, selon les exploitations. Deux critères ont un impact fort : le pourcentage de maïs dans la ration et la quantité de concentré consommée par les vaches. Celle-ci varie de 674 kg par vache à plus de 1 100 kg. Les conséquences économiques sont claires : du groupe plus autonome au moins autonome, le coût alimentaire varie de 52 euros à 72 euros par 1 000 L. La FDCuma 22 a abordé ce sujet en assemblée.


Allonger le pâturage


"On peut augmenter l'autonomie de l'exploitation en baissant la dépendance par rapport aux concentrés et en apportant des fourrages équilibrés à volonté", explique Gérard Losq, de la Chambre d'agriculture 22. 
Trouver le bon équilibre entre herbe et maïs, en allongeant la durée de pâturage est une seconde piste. "Dans les élevages alimentés au maïs toute l'année, la consommation de concentré azoté atteint 500 kg par vache contre 300 kg dans ceux qui ont 150 jours de pâturage seul". Ce n'est pas la direction prise par la majorité des éleveurs. En 2004, 35 % ne fermaient pas leur silo. En 2009-2010, ils sont 66 %.


Plus de protéines


Troisième piste : introduire des fourrages plus riches en azote, comme la luzerne, qui produit plus de protéines à l'ha. "L'intérêt économique est limité, sauf en zone séchante, où il y peut y avoir un différentiel important de rendement entre maïs et luzerne, car la ration doit être corrigée en énergie". Une autre solution consiste à produire le concentré azoté. "Le pois est décevant pour les vaches alimentées au maïs. Il faut y associer des tourteaux tannés. Le lupin a une meilleure valeur en MAT, mais il dégrade le TP. Le tourteau de colza pressé à la ferme est également une autre solution.
"Plutôt que de modifier totalement le système alimentaire, la majorité des exploitants a intérêt à trouver le bon équilibre herbe-maïs, en fonction des contraintes propres", conclut Gérard Losq. Trois éleveurs laitiers ont témoigné de leurs choix.


Séchage en grange


Michel Le Boulch de Maël-Carhaix (352 000 l de lait bio sur 66 ha) a modifié son système fourrager sur 10 ans, pour aboutir à 4 ha de maïs, 10 ha de mélange céréalier et 52 ha de prairie pour 53 à 55 vaches, avec des objectifs bien précis. "Je voulais maintenir le revenu et atteindre 100 % d'autonomie alimentaire tout en ayant un troupeau productif".
Il s'est orienté vers le séchage en grange, en investissant 97 000 euros (bâtiment existant). "C'est un système qui me convient", résume l'éleveur. "J'ai sécurisé mon système fourrager, en fauchant l'herbe au bon stade". 48 heures plus tard, le foin est rentré et séché. Faucher au bon stade permet de bonnes repousses : certaines parcelles ont jusqu'à 4 coupes de foin, entre le 15 mai et le 15 octobre. Le coût alimentaire s'est amélioré dans cet élevage autonome à 100 %. Et la production de lait a progressé de 1 000 kg/vache (7 000 au lieu de 6 000 kg).


Plus de luzerne


Olivier Perrot est associé de Gaec à Glomel (100 vaches, 140 ha dont 105 ha d'herbe). Sur 10 ans, il a aussi réduit la part de maïs en optant pour un mélange luzerne-dactyle- RGA- fétuque. Le foin est séché à la ferme, en round, avec de l'air chauffé par de l'huile. "Malgré des terres acides, je n'ai pas de problèmes d'implantation de la luzerne, grâce à l'inoculum incorporé au semis". Le mélange de plusieurs espèces permet d'étaler les coupes. "Etant en conversion bio, nous ne sommes pas autonome à 100 % mais c'est notre objectif. Cet hiver, nous visons une ration de base excédentaire en azote, que nous compléterons en énergie par du maïs grain. Il nous faudrait 8 à 9 ha de maïs grain pour 100 vaches". 
Yannick Le Bars de Plouha (300 000 L produits) a choisi le tourteau de colza. "Les 10 ha de colza ont donné 14 t d'huile et 28 t de tourteau, ce qui permet d'être autonome en protéine, pour les laitières et les génisses, mis à part un achat limité d'urée". Les meilleures laitières reçoivent ainsi en ration d'hiver 4,5 kg de tourteau de colza (ration de base et concentré de production). Seul inconvénient : la  baisse du TP, qu'il faudrait corriger avec des tourteaux tannés.

Patrick Bégos


Photo : De gauche à droite et de haut en bas : Michel Le Boulch, Olivier Perrot, Yannick Le Bars et Jean-Yves Bourdonnay.





L'autonomie, aussi en porc


Eleveur de porcs (270 truies NE, 180 ha) à Glomel, Jean-Yves Bourdonnay a choisi la valorisation de ses céréales par la fabrication à la ferme pour être plus autonome en alimentation. Les investissements sont limités : une fabrique d'occasion améliorée et automatisée, des cellules pour les céréales sèches et des silos couloirs pour stocker 70 ha de maïs grain humide. "Economiquement, le système est intéressant, mais consommateur de main d'œuvre", souligne l'éleveur. "Compte tenu des épandages de lisier, je n'ai pas la possibilité de produire des protéines".



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Juin 2010
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