
Les buses sont des éléments essentiels du pulvérisateur, elles ont un impact important sur l'efficacité du traitement phytosanitaire. Il en existe de plusieurs types. "Les buses à basse pression et à pastille permettent une réduction significative de la dérive par rapport aux buses à fente classique", explique Richard Guillouet, du Crodip. "Les buses de type miroir et à injection d'air limitent encore plus efficacement cette dérive". Le principe est d’augmenter la taille des gouttes d'air et donc de diminuer considérablement leur sensibilité à la dérive.
Listing officiel ZNT
"Dans le choix d'une buse, le premier critère doit être l'agrément ZNT (Zone de non-traitement)", poursuit le technicien. La réglementation permet en effet de réduire la zone non-traitée (voir hors-texte). Toutes les buses dites anti-dérive ne font pas partie du listing ZNT officiel du Ministère. La dernière version est consultable sur le site crodip.fr.
Céramique ou inox ? Pour obtenir une efficacité maximale, il est important de tenir compte du matériau. Les buses peuvent être fabriquées en céramique, en acier inoxydable ou en résine de synthèse. La céramique est une matière très dure présentant une résistance élevée à l'abrasion. L'acier inoxydable résiste bien, il a une bonne homogénéité de débit. Les buses en polymère présentent des résistances très variables.
Le choix du calibre
Quel calibre de buse ? "Le volume d'eau/ha est fonction du calibre, de la pression et de la vitesse d'avancement", souligne R. Guillouët. Les buses sont normalisées ISO, avec des codes couleur. Cette codification est accompagnée d'une standardisation de la dimension des méplats à 8 mm. Le premier chiffre de la codification donne l'angle du cône du jet (entre 80° et 120°) et le second, le calibre (de 02 à 025). Plus il est fort, plus le débit est élevé.
Ainsi, avec une buse verte 110-05, on peut traiter à 80 L/ha à 3 bars, à 9 km/h. Avec une bleue 110-03, on peut monter à 220 L/ha à 3,5 bars à 7 km/h, et à plus de 300 L/ha avec des buses rouges. "Dans 9 cas sur 10, un éleveur utilisera un seul jeu de buse", estime le technicien. "En fonction du type de culture, il serait souhaitable d'avoir 2 jeux de buses, agréés listing ZNT". L'un pour de faibles volumes d'eau/ha (désherbage avec produit systémique en plein), l'autre pour des volumes plus élevés (traitement des épis de céréale ou produit de contact notamment sur légumes).
Remplacer les buses
Combien de temps dure une buse ? Cela dépend de la matière dont elle est constituée (les buses en céramique ou en inox sont plus résistantes). Cela dépend aussi de la pression utilisée. Plus elle est élevée, plus il y a d'usure. Un volume d'eau élevé usera davantage. Un produit de contact à formulation en poudre sera plus abrasif qu'un produit classique. Cela dépend enfin du nombre d'hectares traités annuellement. Un jeu de buse coûte de 280 à 400 euros (rampe de 18 m, 36 buses qualité ZNT, pression de 3 à 4 bars).
Comment se rendre compte qu'une buse est usée ? "Visuellement, on ne peut pas le savoir", précise R. Guillouët. "Quand elle est usée, elle débite plus que son débit nominal. Pour connaître l'usure, on peut contrôler si le volume d'eau qu'elle débite, pour une pression et un temps donnés, correspond à la norme constructeur". Le passage de la buse au banc de contrôle donne une lecture immédiate de l'usure.
Un bon entretien
La qualité de l'entretien joue aussi sur l'usure. Le respect des préconisations, c'est-à-dire le rinçage à l'eau claire, après chaque traitement au champ, le démontage des buses et leur stockage dans un produit adéquat en fin de campagne allongeront la durée d'utilisation.
La principale erreur rencontrée sur le terrain consiste à choisir une buse et à ne pas l'utiliser à la pression recommandée. Par exemple, une buse à aspiration d'air conseillée à 3-4 bars et utilisée à 2 bars donnera des gouttes plus grosses, donc moins d'impacts sur la cible et moins d'efficacité, pour un produit de contact. "Se limiter uniquement au prix est une erreur. Une buse de qualité bien entretenue s'amortit rapidement". Une autre erreur consiste à acheter un calibre de buse qui ne correspond pas au volume d'eau que l'on veut épandre.
Patrick Bégos
Photo : Les porte-buses permettent d'utiliser plusieurs jeux, en fonction de la culture à traiter et du volume d'eau.
ZNT : attention au choix de la buse
La réglementation de septembre 2006 a mis en place des Zones de non-traitement (ZNT) par rapport aux distances des points d'eau figurant sur les cartes IGN au 1/25 000. Les produits phytosanitaires sont homologués selon des distances d'épandage allant de 5 à 100 m. La plupart des produits ont des ZNT de 20 à 50 m. Une dérogation permet de réduire la zone non-traitée à 5 m, à condition de respecter trois conditions. Il faut d'abord la présence d'un dispositif végétalisé (bande enherbée) d'au moins 5 m de large en bordure du cours d'eau. L'agriculteur doit mettre en œuvre des moyens permettant de diviser par 3 le risque pour les milieux aquatiques (installation de buses ZNT). Il doit, par ailleurs, enregistrer toutes les applications de produits sur la parcelle.
Des aides du Conseil régional
Depuis octobre 2009, certains accessoires de pulvérisateurs sont financés par le Conseil régional . C'est le cas des buses conformes au listing ZNT, de la cuve de rincage, du système intégré de lavage intérieur de cuve, du kit de lavage extérieur et du bac incorporation. Ces accessoires sont aidés sur la base de 40 % du coût, avec un plafond de 650 euros par appareil. Contact : info@crodip.fr